Tyson Fury s’est imposé comme le maître incontesté des poids lourds en dominant Deontay Wilder pour la deuxième fois dans la nuit de samedi à dimanche, à la T-Mobile Arena de Las Vegas. Le Britannique savoure un succès qu’il doit d’abord à son talent hors-norme. Mais s’il a fait un pas de plus dans la légende de son sport, c’est parce qu’il restera le vainqueur de l’un des plus grands combats de l’histoire.
Il a fait le show de bout en bout. Depuis son arrivée sur le ring en costume de centurion avec un casque à crête fourré rouge. Jusqu’à la célébration de sa victoire, à coups de punchlines dont il a le secret. Entre ces deux moments, il y a eu un sacré combat. Du genre de ceux que la mémoire collective n’oubliera jamais. Et c’est peut-être ça, la plus grande victoire de Tyson Fury, au-delà de ce talent inouï qui lui a permis de conserver son titre de champion du monde des poids lourds ou de cette victoire éclatante sur son plus grand rival. «C’était un grand combat ce soir, digne des plus grandes trilogies de l’histoire», a savouré le Britannique. À juste titre.

WILDER, «UN PUISSANT PUNCHEUR»
La légende de la boxe s’écrit avec ces combats uniques. Où deux hommes se rendent coups pour coups et vacillent tour à tour. Il y a eu de ça dimanche pour ce troisième acte à la T-Mobile Arena de Las Vegas, après le nul qui les avait séparés en décembre 2018 et la victoire éclatante de Fury en février 2020, qui lui avait permis de ravir la ceinture de champion. Et le mérite n’en revient pas seulement au Mancunien. La lutte aurait pu tourner court quand le Britannique a envoyé Wilder deux fois au tapis dans la troisième reprise. C’était sans compter sur le courage exceptionnel de l’Américain. Il s’est relevé. Il a récupéré. Et il a répondu au «Gipsy King» dès le round suivant en l’expédiant au sol à son tour.
Fury n’a pas manqué de lui rendre un hommage mérité. «J’ai été à terre plusieurs fois, j’ai été blessé, Wilder est un puissant puncheur, a-t-il reconnu après sa victoire, sa deuxième en trois confrontations avec l’Américain. C’était un grand combat. Je ne ferai aucune excuse, Wilder est un combattant de haut niveau, il m’a donné du fil à retordre. Je n’ai pas été blessé. Vous êtes touché, vous vous réveillez par terre. Je me suis levé et j’étais très conscient tout le temps. J’étais à un coup de poing de l’assommer pendant tout le combat.»

A LA ROCKY : «VAS-Y, TAPE ENCORE !»
C’était aussi l’impression visuelle. Après avoir vacillé dans la quatrième reprise, Fury s’est magnifiquement ressaisi. Le Britannique a repris son destin en main, multipliant les coups pour vaincre enfin la résistance acharnée de Wilder. Il fallait être deux pour rendre ce combat mythique et l’Américain a parfaitement joué son rôle. Avant de rompre dans la 11e reprise, sur un crochet surpuissant du «Gipsy King». «Il n’arrêtait pas de se lever, mais c’est cette dernière droite sur le côté de la tête qui l’a terminé», a commenté Fury.
C’était le coup de la consécration suprême. L’assaut final d’un combat d’anthologie. «Comme l’a dit le grand John Wayne, je suis fait de fonte et d’acier, bébé !», jubilait le Britannique dans une T-Mobile Arena incandescente. «J’ai été mis à terre deux fois, j’ai eu mal. Wilder est un gros cogneur. Et c’est un homme dur, que j’ai frappé avec des coups durs. Et mon seigneur, mon sauveur, m’a relevé ce soir pour que je lui rende gloire. Je dis toujours que je suis le meilleur combattant du monde et qu’il est le deuxième meilleur.»
Cette victoire en a été la preuve la plus éclatante. Elle dit tout du talent exceptionnel de Fury. Mais sa dimension de champion va encore au-delà de ses qualités de boxeur. Il y a aussi le charisme, symbolisé par ce 10e round. Quand, dans les cordes, Fury a lancé à Wilder : «Vas-y, tape encore !». Une scène digne de Rocky. Mais en vrai. Un grand moment parmi tant d’autres dans ce combat. Quelques instants plus tard, le Britannique de 33 ans allait porter l’estocade. Et s’installer pour de bon parmi les boxeurs les plus légendaires de l’histoire.