Le nettoyage annoncé par le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS), qui concerne les responsables des différentes instances sportives en Algérie n’ayant « pas honoré les contrats d’objectifs », se poursuit.

La Fédération algérienne de boxe (FAB) n’a pas réalisé les résultats escomptés. C’est donc son président sortant, Nabil Sadi, ainsi que tous les membres de l’équipe dirigeante sortante, qui en payent les conséquences. Le désormais ex-homme fort du «noble art» algérien ne pourra pas se présenter aux élections fédérales, car le MJS l’a déclaré inéligible pour le mandat olympique à venir (2017-2020).

« Le ministère a les prérogatives d’évaluer l’activité de toutes les fédérations. Elles sont tenues de rendre des bilans. Les Algériens demandent à ce que des comptes soient donnés à travers cette institution (MJS). Par respect à ce peuple et cette jeunesse on se doit de le faire. L’Algérie est régie par des lois qui sont faites pour être respectées avant tout. Le ministère a signé un contrat d’objectifs avec toutes les instances. Celui qui a honoré ce contrat qu’il reste, il n’y a pas de problème. Il peut continuer et on le soutiendra. Celui qui n’a pas atteint ses objectifs, en principe on n’a même pas à lui demander de céder sa place», bien que paradoxal par certains moments dans ses déclarations, le ministre de la Jeunesse et des Sports, El-Hadi Ould Ali, semble bien décidé à aller au bout d’un processus de renouvellement sans précédent. Les têtes qui tombent se font de plus en plus nombreuses. Le patron de la bâtisse sise à la place 1er-Mai-1945 avait déjà assuré qu’«aucune AGE ne se tiendra sans statuer d’une manière définitive, claire et juste aux recours introduits». «Nous avons privilégié la sérénité, la stabilité et la concertation au niveau du ministère et avec l’ensemble des wilayas. Les cadres du ministère n’ont pas à s’immiscer dans le processus électoral des fédérations», a-t-il noté dans ses récentes sorties médiatiques. Après le basket-ball, le judo, le cyclisme, les échecs ou encore le tir sportif, est venu le tour de la boxe de faire un crochet par la « black-list ». En effet, Nabil Sadi et son bureau ne pourront pas se porter candidats pour la prochaine Assemblée générale élective (AGE) dont la tenue est prévue pour le samedi 4 mars au complexe sportif Sveltess de Chéraga (Alger). Cette inéligibilité a été prononcée après que la FAB ait échoué à « honorer le contrat d’objectifs signé au début du mandat 2013-2016, à savoir un podium olympique aux Jeux de Rio-2016.» Outre l’ancien boss de la structure fédérale, sur la « liste noire », on retrouve les noms de Mourad Zouache, Azzouz Bouchebrine, Hocine Oucherif, Djahid Meriou, Ammar Guerouti, Abdel Fateh Belarbi, Riadh Badji, Fazil Ferhat et Abdelhani Kinzi. Bien que la discipline ait qualifié un total de 8 pugilistes pour les JO 2016, soit la meilleure participation algérienne au rendez-vous en terme quantitatif, cela n’a pas suffi pour convaincre le département suprême du sport Dz de laisser l’ancienne équipe envisager de continuer son travail. Certes, aucun de nos boxeurs n’a pu ramener de médaille, mais il faut savoir aussi qu’ils font partie des athlètes qui travaillent le plus et qui bénéficient de peu d’attention. Ce n’est pas le réquisitoire fait récemment par Ilyas Abbadi depuis une menuiserie, où il passe son quotidien, qui viendra décrédibiliser ce constat. Objectivement, les responsables de la FAB ont accompli un travail louable durant le quadriennat écoulé. L’avenir nous dira si la décision du MJS de jeter la serviette blanche à la place de ceux qui se sont battus durant 4 années était la bonne.