Loin d’être spectaculaire mais très efficace, Anthony Joshua, qui a «voulu combattre intelligemment», a eu raison de l’Américano-mexicain Andy Ruiz. Ce dernier l’avait, contre toute attente, battu le 1er juin dernier pour le déposséder des ceintures IBF, WBA et WBO. Samedi soir à Dariya (Arabie saoudite), le Britannique était en mission reconquête contre un adversaire loin d’être aussi affuté que lui mais très imprévisible avec une façon de boxer très atypique.

Il y a 6 mois, à la surprise générale et dans le prestigieux Madison Square Garden (New York), Ruiz avait vaincu Joshua avant la limite. Les trois knockdowns avaient sonné le géant de plus de 2 mètres qui semblait pourtant maîtriser son adversaire. Il était d’ailleurs le premier à l’envoyer au tapis. Mais par la suite, et voulant en finir avec lui et amuser la galerie, il s’est trop découvert et exposé à la l’explosivité du « Victorious ». Fatal.
Le natif de Watford (Angleterre) ne voulait pas tomber dans le panneau et reproduire la même erreur. C’est-à-dire : essayer de chercher son homologue dans une zone intermédiaire où il n’est pas vraiment à son aise en terme de gabarit. C’est donc avec un « jab » maîtrisé et une boxe à distance qu’il a pu minimiser le danger dans cette revanche qui aura été très tactique. L’appréhension de ne pas pouvoir reconquérir le statut de champion du monde était là. Et c’était palpable sur le ring.
Ce sont les qualités pugilistiques qui ont été mises en avant pour venir à bout de Ruiz qui était à 131 kilos au moment de la pesée. Soit 13 de plus que lors du premier « fight » entre les deux. De son côté, celui qui avait dépossédé le maître Vladimir Klitschko des titres des lourds en 2017 affichait 107kg à la balance. Jamais il n’avait été aussi léger dans sa carrière. C’est pour dire qu’il a énormément travailler pour reprendre sa couronne et imiter Mike Tyson, Evander Holifield et Vladimir Klitschko, les trois boxeurs ayant perdu le titre de champion du monde avant de le détenir de nouveau.

Belle en vue avant Wilder ?
Au terme des 12 rounds d’un combat où il n’a pas été vraiment été inquiété, Joshua s’est montré soulagé et content de se reposer sur le trône de la catégorie reine : « C’était si bon la première fois, il fallait que je recommence. Un homme comme moi ne se cherche pas d’excuses. Dereck Chisora (un autre poids lourd, ami de Joshua), m’a dit un jour que je pourrais récupérer mes titres si j’étais prêt à mourir pour ça », a-t-il lâché au micro d’ESPN.
Unanimement, les juges l’ont donné vainqueur aux points (118-110, 118-110, 119-109): « Je voulais surtout montrer ma science de la boxe. Ce sport, c’est avant tout toucher sans se faire toucher », a ajouté celui qui a disputé 24 combats en professionnel pour 23 victoires dont 21 par KO et 1 défaite. A 30 ans, Joshua ne compte pas en rester là. Il pourrait même affronter Ruiz pour la 3e fois. La fameuse « belle » est d’actualité pour définitivement départager ces deux là : « La vie, ce sont des montagnes russes. J’ai entendu des gens nous dire qu’on devrait prendre notre retraite à chaque défaite. Hey Andy, es-tu prêt à prendre la tienne ? ». « Pas question, lui a répondu son adversaire du jour. Faisons ça encore une fois ! »
Quand et où ? Cela reste à définir comme l’explication dont tout le monde rêve entre Joshua et Deontay Wilder qui domine la WBC dans le même circuit. Ce dernier devra, toutefois, se mesurer au redoutable Tyson Fury le 22 février à venir. Une unification des 4 titres est donc envisageable. Cela dépendra des sponsors et des organisateurs. En tout cas, l’un des plus grand combat du «noble art» n’est plus très loin dans le temps. Exaltant.