Après Aom Invest, spécialisée en tourisme thermal, officiellement en Bourse depuis décembre dernier, ce sont cinq autres PME privées qui veulent suivre le même chemin. «Nous avons cinq PME privées, activant dans l’industrie, la technologie et l’agroalimentaire, qui ont déposé leurs dossiers au niveau de la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse pour intégrer la Bourse d’Alger», a annoncé, hier, le président de cette commission, Abdelhakim Berrah, lors d’un atelier technique de formation consacré à «la conformité». Désormais, on assistera à une diversification de PME qui seront cotées en Bourse. Parmi ces cinq nouvelles entités, l’une est spécialisée dans la production et l’exportation de produits agricoles et une autre active dans le traitement des eaux usées.
A ce jour, en plus de 20 ans d’existence, seules 6 entreprises ont introduit leur capital en Bourse. Il s’agit de Saidal,
El Aurassi, Alliance Assurances, NCA Rouiba, Biopharm et AOM Invest, avec une capitalisation boursière légèrement supérieure à 40 milliards de dinars et un encours des obligations du Trésor de près de 400 milliards de dinars. Rappelons à ce sujet la décision des pouvoirs publics d’abandonner le projet d’introduire en Bourse 8 entreprises publiques auxquelles le Comité des participations de l’Etat avait donné son aval en 2011.
Par ailleurs, les intervenants audit atelier ont été unanimes à souligner la nécessité de désigner un responsable chargé du contrôle de la conformité au sein de chaque institution financière. «Les banques et les intermédiaires en opération de Bourse (IOB) doivent être en conformité avec les standards internationaux ainsi qu’avec la législation algérienne pour pouvoir participer activement à la mission de contrôle des flux financiers», a expliqué M. Berrah.
Pour sa part, Abdenour Hibouche, président de la Cellule de traitement et de renseignement financier (Ctrf), a relevé l’avancement enregistré par les institutions financières algériennes en matière de conformité de leurs méthodes de contrôle avec les standards internationaux indiquant que «les banques font preuve davantage d’efforts pour mieux cibler leurs déclarations de soupçon, en privilégiant la qualité plutôt que la quantité». En termes de chiffres, le même responsable a fait état de
1 300 dossiers de déclarations de soupçon transmises à la CTRF en 2018, soit le même volume enregistré qu’en 2017. Les informations que la Cellule reçoit de la part de plusieurs institutions sont enregistrées, analysées, traitées et font l’objet d’une pré-enquête à travers des correspondances adressées aux institutions nationales concernées dans le cadre du partage d’informations et de la coordination nationale, et éventuellement étrangères. Un traitement judiciaire par la transmission du dossier aux autorités judicaires concernées s’effectue quand le soupçon est avéré. Il y a lieu également de préciser que cet atelier s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des dispositions réglementaires fixées par l’article
n° 7 du règlement Cosob n° 15-01 du 15 avril 2015 relatif aux conditions d’agrément, aux obligations et au contrôle des Intermédiaires en opérations de Bourse (IOB), ainsi que par l’article n° 4 de l’instruction Cosob n° 16-04 du 18 décembre 2016 portant sur les fonctions et les conditions de qualification et d’inscription du responsable de la conformité.