La Société de gestion de la bourse des valeurs (SGBV) va créer un compartiment dédié exclusivement aux startups. C’est ce qu’a indiqué, hier, Yazid Benmouhoub, directeur général de la Bourse d’Alger, invité du forum «Economie d’Oran», dans sa première édition.

Par Hakim Ould Mohamed
Selon lui, la Bourse d’Alger (SGBV) s’apprête à mettre en place un marché d’échange d’actions et de financement des startups, conformément, a-t-il précisé, à la nouvelle politique économique de l’Algérie visant à soutenir l’implantation et la croissance de telles entreprises. Il s’agit, plus précisément, d’un compartiment qui sera créé au niveau de la Bourse, à l’image du compartiment dédié aux PME qui avait été déjà mis en place par le passé pour soutenir le financement des petites et moyennes entreprises en faisant appel aux produits du marché financier. Il existe actuellement deux marchés au niveau de la Bourse d’Alger, un est spécialisé dans le financement des grandes entreprises, tandis que le second est dédié aux petites et moyennes entreprises. Avec le compartiment qui sera ouvert au profit des startups, la Bourse d’Alger ajoutera une autre corde à son arc, en attendant la réforme tant attendue du marché financier afin de lui permettre de jouer pleinement son rôle dans le financement de l’économie à travers la mobilisation de l’épargne du grand public et des institutions. Selon son directeur général, Yazid Benmouhoub, la Bourse d’Alger «travaille à tirer profit du nouvel environnement économique en Algérie qui se traduit par les réformes profondes dans lesquelles les hautes autorités du pays se sont engagées». Il s’agit, entre autres réformes, soutient-il, à la même occasion, de l’ambition de développer des outils de financement hors du cadre bancaire pour tirer profit du potentiel disponible sur le marché. Le compartiment qui sera ouvert au bénéfice des startups a pour but d’encourager ces entreprises à s’implanter aussi bien sur les marchés intérieurs qu’extérieurs et à y accroître leur part. Pour la Société de gestion de la bourse des valeurs, ce chantier lui permettra, selon son directeur général, de diversifier les services de l’institution pour pouvoir attirer un plus grand nombre d’entreprises à y entrer. Pour le moment, la Bourse d’Alger ne connait pas un afflux important d’entreprises sur ses différents marchés ; le marché principal étant animé par quatre entreprises cotées seulement alors que le compartiment dédié aux PME n’est animé que par une seule entreprise, à savoir AOM Invest. Le marché des obligations, quant à lui, n’a pas connu de nouvelles introductions. La dernière émission d’emprunt obligataire coté en Bourse remonte à l’année 2009 et l’échéance du dernier emprunt obligataire coté remonte à 2016. Sur le marché obligataire institutionnel (hors Bourse), quatre emprunts obligataires sont en circulation au 31 décembre 2021 dont l’encours global s’élève à 162,4 milliards de dinars contre 163,8 milliards de dinars à la fin de l’année 2020, (-1,4 milliards DZD). Signe d’un faible apport de l’institution financière à l’économie, la capitalisation boursière globale de la place d’Alger s’élève à 45,640 milliards de dinars seulement au 31 décembre 2021, un montant qui correspond à moins de 0,5% du PIB en 2021. Pour tenter de relancer son activité qui connait, qu’on le veuille ou pas, une certaine stagnation ces dernières années, la Bourse d’Alger a préparé un projet de développement d’instruments de financement (obligations) compatibles avec la loi islamique à travers la Bourse, selon son directeur général, Yazid Benmouhoub. D’après lui, ce projet est actuellement en phase d’études par les instances compétentes avant son lancement officiel. Le gouvernement avait annoncé, faut-il le rappeler, le projet de lancer un nouvel emprunt obligataire dans le cadre de sa politique d’inclusion financière à travers la mise sur le marché de Sukuks conformes aux préceptes de la charia. n