Synthèse Bouzid Chalabi
Après plus d’une année de mise au ralenti sous l’effet de la crise sanitaire, engendrée par la pandémie due au Covid-19 la Bourse d’Alger a enregistré un net retour d’activité dans son compartiment d’actions durant l’exercice 2021. Une progression estimée à 63%.
C’est ce que mentionne dans son rapport annuel la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse (Cosob). Un taux qui reste en infériorité par rapport à la réalité d’avant la pandémie. Pour le détail, on lit que les échanges sur le compartiment d’actions ont atteint les 128 907 millions de dinars, en 2021, contre 78 458 millions de dinars en 2020. Mais toujours est-il que les échanges de 2021 restent loin des 248 990 millions de dinars enregistrés en 2019 comme les 205 797 millions de dinars soldant l’exercice 2018. Cette même source indique que l’activité en 2021 a été boostée notamment par le titre groupe pharmaceutique privé Biopharm. A ce propos, la commission souligne que l’activité en 2021 a été boostée notamment par le titre Biopharm qui occupe à lui seul 53% des transactions sur le marché. Au registre du nombre de titres échangés sur le marché, on lit qu’il a augmenté de plus de 178% après une baisse historique de moins 64,8% en 2020.Toujours d’après cette même source, quelque 244 399 titres ont été échangés en 2021. Un constat qui confirme la reprise d’activité sur le marché dès lors où en 2020 le nombre de titres échangés s’est élevé à 87 796 et, en 2019, par 249 696 échanges.
A la lumière de ces chiffres, la Cosob considère que la reprise d’activité en 2021 n’a pas permis de couvrir les pertes enregistrées durant l’année précédente (2020), provoquées, faut-il le rappeler, par la crise sanitaire liée au coronavirus Covid-19. Du coup, les échanges en valeur réalisés n’ont été que le tiers de ceux de 2019 et divisé par 2,84 pour les échanges en volumes.
Sur ce dernier point, on lit qu’ils ont porté principalement durant l’année écoulée sur le titre Alliance Assurances avec 61 % des actions. Dans ce cadre, les échanges au titre Alliance Assurances, enregistrés en 2021, marquent un regain d’intérêt à son égard. Il s’explique par son prix abordable et notamment par la politique de dividendes incitatifs adoptée par la société même, est-il mentionné dans le rapport de la Cosob. Dans ce même sillage, le titre Biopharm arrive, quant à lui, en deuxième position en termes d’échanges en volume avec 22 % de parts de marché. Il est suivi par celui de Saidal (14%) et, enfin, le titre de la chaîne EGH El Aurassi, avec seulement 3%.
La Cosob indique en outre que le nombre des opérations d’échanges s’est élevé à 219 transactions en 2021 contre 197 en 2020. S’agissant du compartiment des PME de la Bourse d’Alger, le titre AOM Invest n’a enregistré aucune transaction sur des actions anciennes, hormis les augmentations de capital au profit de ses actionnaires historiques.
Obligations et capitalisations
Sur le marché obligataire institutionnel (hors Bourse), quatre emprunts obligataires sont en circulation au 31 décembre 2021 dont l’encours global s’élève à 162,4 milliards DZD contre 163,8 milliards de dinars à la fin de l’année 2020, (-1,4 milliards DZD).
Par ailleurs, le marché des obligations assimilables du Trésor (OAT) a enregistré, à la fin de l’année 2021, 30 lignes OAT cotées en Bourse. L’encours global des OAT s’élève à 512,647 milliards DZD en 2021 contre 518,985 milliards DZD en 2020, soit une baisse de l’ordre de -1,2% sur un an.
Concernant la capitalisation boursière globale de la place d’Alger, elle s’élève à 45,640 milliard DZD au 31 décembre 2021. Comparativement à la même période de l’année 2020, la Bourse d’Alger a gagné 6,43% de sa capitalisation en 2021 après avoir perdu 10% entre juillet 2019 et décembre 2020. Cette amélioration est justifiée par la reprise de l’activité des sociétés cotées et la pression sur la demande des titres sur deux titres en particulier, Biopharm et Alliance Assurances, selon le document. Comparativement au PIB, la capitalisation boursière représente moins de 0,5% du PIB en 2021.
La Commission fait aussi cas du nombre «peu important» de transactions sur le marché. Ce qui témoigne de la faiblesse de la Bourse d’Alger et, par voie de conséquence directe, ne suscite, selon les experts en matière de transaction boursières, que très peu d’engouement auprès des opérateurs publics et privés. En définitive, souligne la Cosob, «ces chiffres renseignent sur la contribution insignifiante de la Bourse d’Alger dans le financement de l’économie». n