Les services des fraudes de la direction du commerce ont saisi plus de 393 tonnes de produits alimentaires et autres durant l’année 2017 d’une valeur estimée à plus de  182 millions de dinars. Ces chiffres ont été annoncés avant-hier par le wali Abderrahmane Madani Foutatif, intervenant lors du séminaire national portant sur la répression de la fraude commerciale.

Le wali a insisté sur le rôle de chaque direction et sur la collaboration pour plus d’efficacité dans la lutte contre la fraude et la protection du consommateur. Il a, en outre, instruit la direction des domaines pour réserver des superficies destinées au stockage des produits saisis. Il n’a pas omis de rappeler l’engagement de l’Etat à protéger le consommateur et poursuivre la lutte contre les pratiques commerciales malsaines et l’évasion du fisc. Initié par la direction du commerce, le séminaire en question vise à mettre en exergue la problématique relative à la saisie des produits, les difficultés que rencontrent les inspecteurs des fraudes et la lutte contre les infractions commerciales et, enfin, proposer des solutions adéquates pour faire respecter la loi régissant l’activité commerciale. Des experts économiques, des cadres du secteur concerné, des représentants de la douane, de la gendarmerie et de la police ont pris part à ce séminaire. Les intervenants ont convergé dans leurs interventions à la nécessité de mettre en place des lois permettant de distinguer entre les différentes infractions au Code du commerce, de clarifier le rôle qui incombe à chaque direction et enfin à un travail de coordination pour protéger au mieux le consommateur et lutter efficacement contre les fraudes.
La confusion et l’interférence entre les différents services pour ne citer que la direction du commerce, les douanes et les services des domaines engendrent dans la plupart des cas de blocage dans l’application de la réglementation en vigueur en matière des produits saisis pour infractions aux lois commerciales dont la complication est plus grave quand il s’agit de produits périssables. L’absence d’informations sur le recyclage des produits saisis, l’orientation des produits saisis au lieu de les détruire, les difficultés quant à la décision à prendre concernant les matières premières qui ont relation avec la santé publique. Cet état de fait est la conséquence d’une situation dangereuse car aucune décision n’est prise ni pour la destruction des produits saisis ni pour leur stockage. Un autre problème est posé avec acuité puisque la wilaya de Boumerdès ne dispose pas d’aires de stockage et certains présidents d’APC refusent de stocker des produits saisis dans les parcs communaux. A cela s’ajoute le manque criant d’endroits réservés à l’incinération des produits saisis présentant de la toxicité à l’exemple des insecticides et des médicaments périmés. «Tous les produits saisis ne nécessitent pas le stockage mais la présence immédiate des services des domaines pour procéder à la vente est indispensable surtout quand les produits sont en voie de péremption avec la présence obligatoire du propriétaire», a déclaré la directrice du commerce Mme Ababsa, en marge du séminaire, en reconnaissant les difficultés administratives concernant l’opération relative à la saisie des produits dans le cadre de la lutte contre la fraude et la protection du consommateur. «Le séminaire est organisé pour clarifier le rôle qui incombe à chaque direction», indiquera-elle en ajoutant la nécessité de travailler en collaboration pour une meilleure protection de l’économie nationale.