Les étudiants de l’université de Boumerdès ont déclenché, avant-hier, une grève illimitée au niveau de plusieurs facultés en signe de protestation contre le rejet des députés de l’APN d’un projet d’amendement portant sur la promotion de tamazight et sa généralisation à tous les établissements scolaires du pays.

Les étudiants protestataires revendiquent une réelle prise en charge de la langue amazighe en mettant tous les moyens pour sa véritable promotion. Tamazight est une langue nationale et officielle, pourquoi n’est-elle pas enseignée dans toutes les écoles du pays ? » dénonce Omar un étudiant de l’Enelec, qui voit dans cette attitude une discrimination et une atteinte à la langue et à la culture amazighes. Contrairement à ce qui est avancé par les officiels, la langue tamazight n’est enseignée que dans vingt wilayas et de manière facultative. Ce qui n’est pas normal pour une langue nationale et officielle, déplore Sofiane un autre étudiant de la faculté des sciences techniques. « Nous allons nous mobiliser et continuer à revendiquer pacifiquement la promotion et la généralisation de tamazight à travers tout le territoire national car cette langue appartient à tous les Algériens », ont déclaré les étudiants protestataires. Ils ont tenu à exprimer leur détermination à faire entendre leur voix afin que tamazight ait toute sa place dans toute l’Algérie aux côtés de la langue arabe. Les étudiants s’inscrivent dans le sillage des actions enclenchées dans les autres wilayas, à l’exemple de Béjaïa, Tizi-Ouzou et Bouira, où les étudiants et les lycéens revendiquent la promotion et la génération de la langue tamazight, ont déclaré les protestataires qui sont déterminés à poursuivre leur action jusqu’à satisfaction de leurs revendications justes et légitimes de leur langue et culture amazighes. « Nous avons entamé cette grève pour exiger la promotion et la généralisation de la langue tamazight dans tous les secteurs et dénoncer, également, l’attitude des députés de l’APN, notamment de la commission des finances constituée par des députés du FLN et du RND, qui ont voté contre exprimant ainsi une discrimination et une atteinte à l’identité amazighe», dénoncent-ils.