La mobilisation était encore forte hier en ce 44e vendredi du Hirak déclenché le 22 février. L’installation du nouveau président de la République n’a pas fait baisser la protestation puisque des milliers de citoyens ont encore battu le pavé pour exiger le changement et le départ du système politique. «Nous ne reconnaissons pas ce président car il est illégitime», criait haut et fort un jeune étudiant engagé dans le Hirak. «Même s’il a prêté serment, cela ne change en rien notre détermination pour réclamer le pouvoir au peuple», lançait un autre jeune manifestant en brandissant le drapeau national. «Nous avons juré de ne pas arrêter la lutte pacifique pour faire partir les bandes mafieuses qui s’accrochent au pouvoir au détriment de la volonté populaire en usant de la violence et de trafic», scandait un groupe de manifestants en reprenant les slogans hostiles au pouvoir et au nouveau président. La procession a été entamée depuis le centre-ville pour sillonner les principales artères de la ville. Les nombreux citoyens dénonçaient les résultats de l’élection présidentielle boudée par le peuple. «Nous n’avons pas voté et cette élection est entachée de fraude», scandaient-ils en réclamant le changement et le pouvoir au peuple. «Etat civil et non militaire», «Algérie libre et démocratique», «système dégage», «justice indépendante», «pouvoir au peuple», «Libérez les détenus», «Pas de dialogue avec le pouvoir mafieux», sont entre autres slogans repris en force par les manifestants, exprimant leur détermination à poursuivre la protestation pacifique jusqu’à l’aboutissement de leurs revendications relatives à un Etat civil et démocratique garantissant toutes les libertés et les droits des citoyens. Les citoyens des villes de Bordj-Ménaïel et de Dellys sont aussi sortis hier en masse dans la rue. Ils ont réitéré leur détermination à poursuivre la protestation pacifique en scandant les principaux slogans de la révolte citoyenne déclenchée depuis le 22 février, portant notamment sur le changement, la restitution du pouvoir au peuple et l’instauration d’un Etat de droit pour tous.<