Le zéro pointé à Tokyo lors des Jeux Olympiques 2020 ne semble pas faire honte aux responsables du sport algérien. Pire, ces derniers trouvent toujours le moyen de se dédouaner et noyer leur responsabilité. L’impression laissée est que la culture de la défaite est devenue part entière de l’univers sportif en Algérie. Même aux yeux de personnes comme Hassiba Boulmerka, cheffe de la délégation olympique Dz, qui trustait les podiums mondiaux du temps où elle était athlète. A présent, passé du côté de la gestion, elle prône… la loose.

Par Mohamed Touileb
«Ce n’est pas la fin du monde», c’est avec cette expression que Hassiba Boulmerka a réagi par rapport au bide sportif enregistré par l’Algérie avec les 39 athlètes qui ont pris part aux Jeux Olympiques de Tokyo qui sont revenus bredouilles. Pour l’ancien championne olympique sur 1500m à Barcelone (1992), «il est inadmissible que la participation vire aux règlements de comptes personnels et des attaques à l’endroit des athlètes alors que la compétition n’est pas encore terminée.»

Moitiés de vérité et mensonges
C’était une manière implicite de charger les journalistes qui ont suivi les compétitions et se sont chargés de donner des informations sur la participation de nos sportifs dans 14 disciplines. Boulmerka a pensé que le traitement de l’information était préjudiciable pour les athlètes qui «participaient avec la peur au ventre. Une athlète a même simulé une blessure pour ne pas participer parce qu’elle avait très peur de la réaction des gens sur les réseaux sociaux.» Pourtant, la corporation s’est juste chargée de transmettre les performances et les classements. Et ce n’est, en aucun cas, la faute aux journalistes qui auraient certainement souhaité s’empresser d’annoncer une médaille Dz aux Olympiades au lieu d’informer les Algériens de débâcles.
Aussi, la double-championne du monde a essayé de dédramatiser la bévue qui a failli coûter la participation des deux nageurs Oussama Sahnoune et Amel Melih dans les épreuves de natations : «Idriss Haoues a commis une erreur qui a été rattrapée le jour même par les responsables. Cela peut arriver et ça n’a rien de scandaleux», a-t-elle estimé en indiquant que «le Secrétaire général du COA s’est chargé de rectifier l’erreur.»
Ce n’était pas vraiment ce qui s’est passé, puisque c’est le président de la Fédération algérienne de natation (FAN), Mohamed Hakim Boughadou, qui a rattrapé la bourde de Haoues depuis Alger. Ce n’est donc pas les responsables du COA, présents sur place à Tokyo, qui ont remédié à la gaffe administrative. Des moitiés de vérités et des moitiés de mensonges pour essayer de couvrir une médiocrité de gestion avérée et inadmissible à ce niveau. A croire que les responsables adoptent une sorte de solidarité dans l’incompétence pour camoufler le naufrage.

Un diagnostic récurrent et sans solution
En marge de ce déni sempiternel qui fait croire que les dirigeants de notre sport vive dans un univers parallèle, il y a eu la touche émotion de Boulmerka qui s’est dite : «très triste de conduire la délégation algérienne et revenir sans avoir décroché la moindre médaille» non sans assurer que «les athlètes algériens ont été placés dans de meilleures conditions d’hébergement et de préparation lors du rendez-vous olympique nippon».
Pour la native de Constantine : «le sport algérien mérite une véritable réflexion avec les fédérations sportives et la tutelle», une phrase qu’on entend depuis des lustres et un diagnostic que même docteur maboule peut établir. Quant au remède, il consiste certainement à passer à l’amputation de certains visages qui ne se soucient aucunement de la santé de notre sport.