La propagation du coronavirus ne fait pas qu’impacter la santé, mais a entraîné des changements fondamentaux sur les personnes et les entreprises. Des changements qui ne sont pas forcément affrontés de la même façon par tout un chacun. Certains le vivent bien, d’autres très mal. «Accepter le changement, c’est intégrer une nouvelle réalité. Ce qui n’est pas évident pour tout le monde. Ce n’est pas tout le monde qui a la capacité de se concentrer sur les éléments positifs du changement. Nous le vivons d’ailleurs aujourd’hui avec le coronavirus», a expliqué, hier, Mazouz Ghalib, coach et consultant en entreprenariat, dans une téléconférence organisée par l’Agence nationale de promotion et de développement des parcs technologiques (ANPT), qui vient de lancer une série de conférences en live, pour accompagner le développement personnel dans cette situation de crise. D’après l’expert, avant d’arriver à accepter le changement, ce dernier passe par un processus de plusieurs étapes. «Face à un bouleversement qui change complètement nos vies, nos habitudes personnelles ou professionnelles, la première réaction est le déni. On est en état de choc et nos réactions ne sont pas rationnelles. Puis, nous passons à la colère. Là, nous commençons à nous rendre compte que le changement et les pertes sont réels, suscitant chez nous un sentiment de révolte. Par la suite, nous nous mettons à chercher les coupables, les boucs émissaires», a-t-il indiqué. Le marchandage vient ensuite, a-t-il souligné, quand l’effet de la colère s’estompe et que la personne cherche à retarder le plus tard possible l’effet du changement en redoublant d’efforts, par exemple, dans le milieu du travail. «Mais à un moment donné, la personne se rend compte que ces efforts ne serviront à rien, et c’est l’abattement. C’est la phase tristesse. Le moral, à ce moment-là, est à plat et la courbe du changement atteint son point le plus bas. Cette étape, toutefois, finit par déboucher vers l’acceptation. Car si l’homme, par sa nature, dénigre les changements inattendus, il a la capacité de s’y adapter également», a-t-il soutenu. Dans la phase acceptation, a-t-il relevé, les sujets se mettent à la recherche d’autres options, d’autres objectifs. «C’est l’étape productive du changement. Là, le sujet se détourne du passé pour ne se concentrer que sur l’avenir en faisant preuve d’initiatives. Mais l’accompagnement et l’aide sont nécessaires pour que le processus du changement débouche sur des éléments positifs», a-t-il affirmé. C’est le rôle des coachs mais aussi des managers qui, en temps de crise, se démarquent par leurs capacités à gérer les nouvelles situations et à inciter le personnel à travailler ensemble. «Quand la personne est submergée par ses émotions et des réactions irrationnelles face au changement, il faut savoir l’écouter, la laisser s’exprimer et la traiter en adulte et non en enfant fragile. Par la suite, il faut lui faire comprendre que le changement, ce n’est pas la fin du monde, qu’il y a des options à envisager, que le changement ne peut pas être que négatif», a-t-il recommandé. Sur le plan personnel, a-t-il conseillé, le travail et l’effort professionnel ne doivent pas cesser. «Nous avons tendance à accorder plus d’attention au projet qu’à la personne. Or, pour agrandir son projet, il faudra s’agrandir auparavant. C’est pour cette raison, que les personnes activant dans le milieu professionnel ne doivent pas stopper leur apprentissage, ne pas se contenter de ce qu’elles maîtrisent déjà et surtout ne contrôler que ce qu’elles peuvent contrôler. On ne peut pas contrôler le coronavirus mais on peut contrôler certains de ses effets», conclut-il.