Par Hamid Bellagha
Au-delà des chiffres, des affirmations des uns et des dénégations des autres, la réforme des subventions ne laisse personne indifférent. Peu ou prou, toutes les franges de la société seront touchées. Le fonctionnaire, malgré l’aide qu’on lui promet, sera impacté par la réforme, de même que le cadre supérieur ou moyen. Même chose pour le patron d’entreprise qui ne pourra plus profiter, ou tricher, sur les intrants de son produit.
L’abandon de la subvention d’un produit entraînera une cascade d’autres renchérissements. De l’huile à la semoule en passant par l’essence et le lait, l’effet boule de neige est garanti.
Cette refonte du système des subventions, ou son abandon, c’est selon, garantira des rentrées supplémentaires à l’Etat et des dépenses adventices au citoyen. L’un deviendra plus riche et l’autre plus pauvre, bien que la notion de richesse et de pauvreté reste relative dans ce cas de figure.
L’annonce par le Directeur général du budget du ministère des Finances, concernant notre sujet, ne lèvera pas l’opacité qui entourait la mise en œuvre de la nouvelle politique des subventions qui reste toujours… opaque. Il est vrai que le cadre du ministère a déroulé des explications qui stipulent que la nouvelle donne concerne trois familles de produits englobant 12 marchandises ou matières premières. Mais si le doute ne subsiste plus quant à l’application du renoncement aux subventions, les détails de son application ne sont pas encore connus, tout comme les destinataires directs de l’aide. Car l’exécutif s’est engagé à continuer à supporter les plus nécessiteux, leur remettant d’une main ce que la réforme a supprimé de l’autre.
Si la sélection des récepteurs de l’aide, en numéraire en principe, n’est pas encore à jour, le mode de transmission l’est moins, et encore plus la diversité des sommes allouées.
La résiliation de l’aide aux carburants et aux énergies électriques et gazières, rien qu’elle, nécessiterait de gros pavés de réflexion et d’exemples proforma. L’augmentation des prix de l’énergie, à elle seule, conduirait à une inflation que nos économistes et argentiers peineraient à contrôler.
Tout cela pour dire qu’il aurait fallu ne pas atteler la charrue avant les bœufs, qu’il aurait fallu peut-être, rien n’est moins sûr, définir les futurs bénéficiaires de l’aide directe avant l’éradication, en gros, des subventions.
C’est dire qu’il y avait à boire et à manger, sans jeu de mots, avant le retrait de la nappe et de la pitance.