Par Khaled Remouche
Les autorités semblent donner le la à l’accélération du programme de développement des énergies renouvelables. Cette orientation transparaît dans les dernières instructions et annonces du chef de l’Etat et du ministère de la Transition énergétique et des Energies renouvelables.
Contacté à ce sujet, le Directeur général du cluster énergie solaire, Boukhalfa Yaici, considère que les instructions du chef de l’Etat, émises lors du dernier Conseil des ministres en matière de développement des énergies renouvelables, s’assimilent à un «coup de fouet» à ceux qui dans l’administration font traîner les choses. L’intervention du Président de la République vise à accélérer le programme de développement des énergies renouvelables à travers notamment l’obligation pour toutes les communes d’alimenter le système d’éclairage public à partir du solaire et de doter certains établissements des secteurs de la santé et de l’éducation de cette énergie pour s’alimenter en électricité. Elle appelle implicitement à la mise en place d’une réglementation dans des délais rapides en vue de favoriser l’autoconsommation, c’est-à-dire la production d’énergie solaire par des particuliers ou des entreprises dans leurs installations, l’intégration de cette énergie dans le réseau électrique national et la question du prix du kilowatt/heure à partir de l’énergie solaire cédé par des acteurs notamment privés, ménages et entreprises à Sonelgaz, ajoute Boukhalfa Yaici. Cette orientation fait partie du plan d’actions du gouvernement. Le nouveau dispositif institutionnel vise à réglementer l’échange d’énergie. Concernant l’éclairage public à partir du solaire, cette question devrait être abordée de manière beaucoup plus approfondie, estime-t-il. L’éclairage public représente le gros de la facture énergie des communes. Il s’agit en ce sens de savoir si l’introduction de cette énergie dans les communes est intéressante sur le plan financier. La seconde contrainte est le problème de gestion de la maintenance et l’entretien du système d’éclairage public et en finir avec le spectacle récurrent d’éclairage public allumé le jour. Ce qu’il faut savoir, c’est que dans ce créneau, des dizaines d’acteurs sont en concurrence au point d’enregistrer un encombrement dans la course pour remporter les lots. La condition la moins-disante pour remporter l’appel d’offres est que dans certains cas, la qualité des travaux n’est pas au rendez-vous. Ce qui donne des arguments à ceux qui prétendent que le solaire en Algérie n’est pas la solution à la satisfaction des besoins de la population en énergie, affirme Boukhalfa Yaici.
«Une capacité locale de production d’énergie solaire de 445 MW en 2021»
Quant à l’appel d’offres de 1000 MW, l’annonce par le ministère de la Transition énergétique et des Energies renouvelables de son lancement, vers la fin 2021, constitue un signal aux acteurs de la filière pour se préparer à s’organiser en vue de la soumission et rendre opérationnelle la capacité locale de production de panneaux photovoltaïques. «Les opérateurs nationaux comptent aujourd’hui une capacité de 285 MW répartie ainsi : Enie Sidi Bel Abbès 25 MW, Aurès Solaire 30 MW, Condor 130 MW, Miltec 100 MW. Elle passera à 445 MW à la mise en service, en décembre prochain, de la centrale photovoltaïque du groupe privé Zergoune», indique le Directeur général du cluster solaire. Il s’agit de près de 50% des besoins fixés par l’appel d’offres.
En l’absence de marché, ces entreprises souffrent, actuellement, a ajouté Boukhalfa Yaici. Bonne nouvelle, le ministère de la Transition énergétique et des Energies renouvelables a assuré qu’il compte mettre à contribution la capacité locale de fabrication de panneaux solaires et de certaines structures de ces panneaux dans la réalisation des projets de centrales photovoltaïques dans le cadre de l’appel d’offres de 1000 MW.
«La nomination de l’ancien Directeur général de Neal à la tête de la société Shems, société qui gérera cet appel d’offres, avec son expérience permettra de mieux gérer l’appel d’offres et d’aller plus vite. La procédure prendra néanmoins un certain temps, trois à six mois, pour parvenir à la signature des contrats. Il faut entre 12 et 18 mois pour que cette capacité soit installée. Pour ne pas perdre de temps, il convient de lancer le second appel d’offres de 1000 MW l’été prochain. Si en 2024, on aura réalisé la série de centrales photovoltaïques et doté le pays d’une capacité de 2000 MW en énergie solaire, ce serait bien», ajoute Boukhalfa Yaici. Ce qui laisse entendre qu’il sera difficile avec le retard accusé d’atteindre les 4000 MW en capacité d’énergie solaire dans trois ans. En tout état de cause, on aura entretenu une dynamique, mis en place un marché qui favorisera par la suite la montée en cadence. n