Dépendant administrativement de la daïra de Lakhdaria, la commune de Boukrem située à plus de 60 km à l’extrême sud-ouest de Bouira, à la limite avec la wilaya de Médéa, se débat, selon ses habitants, dans la précarité et le dénuement.

La population ayant souffert durant des années des affres du terrorisme est privée de tout. Les manques sont multiples, et le chômage est vraiment présent. Cette situation touche pratiquement toute la population et surtout celle des moins de 40 ans. Les projets de développement sont quasi-inexistants. Lors de notre virée dans cette région frontalière avec la wilaya de Médéa, des villageois ne sont pas allés avec le dos de la cuillère en fustigeant les pouvoirs publics quant au peu de projets dégagés dans la région pouvant faciliter le retour des populations. «De nombreuses familles n’ont pas encore regagné encore leurs terres. Fuyant le terrorisme il y a de cela deux décennies, peu de citoyens ont regagné leurs localités et ce pour cause de l’absence de commodités», a déclaré Ahmed, sexagénaire. «Ce drame a plongé nos villages dans l’isolement et l’abandon. Les séquelles des années de braises sont encore palpables dans l’esprit des villageois. Ils tentent de relever la tête en aspirant à des lendemains meilleurs», a ajouté notre interlocuteur. Au chef-lieu communal, des citoyens affirment que les conditions de vie sont difficiles notamment en cette période de pluie. En effet, Boukrem souffre d’un retard criant en matière d’aménagement urbain. Les commodités des plus rudimentaires y sont inexistantes. Parmi les carences enregistrées et soulevées par les habitants, on cite, les retards mis dans le raccordement des foyers aux réseaux d’AEP et du gaz naturel. Pourtant, disent-ils, le barrage de Koudiat Acerdoune, d’une capacité de 680 millions de mètres cubes et l’un des plus grands barrages du pays, est tout proche. En matière de raccordement au réseau du gaz naturel, quelque 2 000 foyers sur un total de 4 500 bénéficient de cette énergie. En plus, plusieurs projets accusent des retards et d’autres sont à l’arrêt. Selon des informations recoupées auprès des différents services de la wilaya de Bouira, la commune de Boukrem, qui avait bénéficié durant les six dernières années, d’un total de 58 projets touchant les différents secteurs, la moitié des projets n’ont pas été encore réceptionnés. 35 projets ont été accordés dans le cadre du plan de développement communal (PCD) et une vingtaine d’opérations inscrites dans le cadre dudit programme n’ont pas été encore lancés. Le premier responsable de la wilaya, Mustapha Limani, a, selon les mêmes sources, mis en place une commission qui aura pour mission de diagnostiquer les raisons et les contraintes à l’origine de ces retards freinant le développement local.