Des affrontements ont eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi dernier à Bir Ghbalou, à plus de 60 km à l’ouest de Bouira, entre les forces de l’ordre et des citoyens ayant exprimé leur colère après leur exclusion des procédures d’attribution de logements sociaux.

Ces affrontements ont plongé le chef-lieu communal dans une anarchie, dès lors que les principales ruelles ont été barricadées. Les services de police ont opéré plusieurs arrestations parmi les manifestants. Selon une source policière, une dizaine d’émeutiers ont été interpellés. N’ayant pas été convoqué par la commission de daira chargée de l’opération de tirage au sort des bénéficiaires de logements sociaux, des dizaines de personnes ont procédé à la fermeture de plusieurs entrées de la ville de Bir Ghbalou. Les manifestants ont érigé des barricades empêchant toute circulation automobile au centre-ville. D’autres ont bloqué à l’aide de troncs d’arbres et pneus enflammés les deux routes nationales RN8 et RN 18 paralysant la circulation routière durant des heures. Des renforts de la police et de la Gendarmerie nationale ont été dépêchés sur place. Un calme précaire régnait toujours au niveau de cette ville. Les demandeurs de logements exigent de revoir les critères d’attribution de logements et de procéder surtout à l’étude de leurs recours dans le cadre de l’attribution des 300 logements sociaux.  «  Nous voulons une enquête sérieuse sur ce dossier. Des personnes pistonnées ont bénéficié de logements, alors qu’ils ne sont pas dans le besoin », ont dénoncé  des protestataires refusant de libérer les lieux. Des policiers ont été mobilisés pour sécuriser surtout le siège de la daira où des centaines de personnes ont afflué pour rencontrer le chef de daira. D’autres mouvements de protestations ont été également signalés du côté de la ville de Sour El Ghozlane au sud de Bouira. Hier, et pour la deuxième journée consécutive, des citoyens ont bloqué le siège de la daira pour réclamer encore une fois l’affichage des 700 logements sociaux disponibles et achevés depuis plus d’une année.

Des habitants ferment le siège de l’ADE à M’chedallah
Par ailleurs, des dizaines d’habitants de la localité Boumajbar, dans la commune de M’chedallah, 50 km à l’est du chef-lieu de wilaya de Bouira, ont procédé avant-hier à la fermeture de l’antenne de l’Algérienne des eaux (ADE), contestant les procédures judiciaires engagées à leur encontre. Les travailleurs de cette agence ont été invités par les manifestants à quitter leurs bureaux avant de procéder à sa fermeture. « Le recours de la Direction de l’ADE à la justice est exagéré. Il y a des cas flagrants qui nécessitent même des enquêtes. Des citoyens ont été destinataires de factures s’élevant à 150 000 DA. Nous réclamons l’ouverture d’une enquête afin d’éclairer l’opinion publique sur quelle base ont été établies ces factures », a dénoncé un client. D’autres se plaignent de l’entame des procédures alors qu’aucune procédure ni démarche n’a été envisagée par les responsables afin de procéder au recouvrement de leurs créances sans passer par la justice. « Je n’ai pas reçu de convocation de l’ADE m’informant de ces factures impayées. Pourtant, j’ai demandé à l’administration de cette agence de m’établir un calendrier mais en vain », se désole un autre. Selon une source de la Direction générale de cette entreprise, les créances datent de plusieurs années et « les clients ont été tous invités à honorer les factures mais en vain ». En fin d’après-midi, un responsable a été dépêché sur place afin de trouver une issue à ce problème. Les manifestants ont refusé de libérer les lieux exigeant des garanties de surseoir à toute action en justice.