L’université Akli-Mohand-Oulhadj de Bouira vit, depuis la rentrée, au rythme des manifestations. Après les mouvements répétitifs des étudiants dénonçant la dégradation des conditions de scolarité, ce sont les enseignants qui ont décidé de protester en observant, avant-hier, un sit-in suivi d’une marche dans le campus.

Les enseignants ont observé deux heures d’arrêt de travail. L’action de protestation a été décidée, selon un membre du Cnes, pour dénoncer la dégradation des conditions de sécurité. Et pour cause, un climat d’insécurité règne depuis des mois, ont déploré les manifestants. Ils ont soulevé des cas de dépassements survenu au niveau des facultés. Deux enseignants de la faculté des sciences et sciences appliquées ont été victimes d’agressions physiques la semaine passée, a fait savoir notre interlocuteur. Mais qui est l’agresseur ? Ce sont des étudiants, disent-ils. Les victimes ont été agressées à l’intérieur des salles de cours, précise-t-on. Les enseignants ayant observé une marche en sillonnant les départements de l’université ont déploré le silence de l’administration qui a été « pourtant avisée sur la dégradation des conditions de travail ». Les protestataires ont réclamé des sanctions contre les agresseurs. Selon des témoins, un des agresseurs n’est pas à son premier méfait, puisqu’il avait été sanctionné en 2015, pour avoir agressé une enseignante. Sur les banderoles brandies par les manifestants, on pouvait lire « Non à la violence et non à la violation des textes ».
Les enseignants réclament de l’administration de mettre un terme à ces actes déplorables. Ils ont exigé des sanctions fermes à l’encontre notamment de l’auteur de l’agression. «Nous travaillons dans des conditions lamentables. Et nous avons donné un ultimatum d’une semaine au recteur de l’université afin de prendre des décisions qui s’imposent. A défaut, nous enclencherons un mouvement illimité», ont-ils menacé. Par ailleurs, les enseignants ont demandé la satisfaction de tous les points soulevés dans leur plateforme de revendications. Ils ont demandé des explications quant à l’attribution et la gestion du dossier des bourses de recherches à l’étranger et l’amélioration de leur situation.