Les Bouiris, à l’instar des citoyens des autres wilayas du pays, ont célébré dimanche la fête d’Aid El Fitr dans un climat de morosité sociale causé par la pandémie du Covid-19, a-t-on constaté. La célébration de cette fête, marquant la fin du mois de Ramadan, intervient cette année dans un contexte particulier entaché d’inquiétudes liées à la menace du nouveau Coronavirus. Dans la matinée, les rues et les routes de la ville étaient désertes. Le silence remplissait les lieux en ce jour de fête autrefois célébré avec faste et dans l’ambiance. Confinement oblige, les habitants de la ville et ceux des autres communes ont préféré accomplir leur prière de l’Aid à domicile dans un climat morose, dont plusieurs d’entre eux ont avoué avoir perdu la joie de cette fête religieuse. «Cette année, tout est différent. Nous fêtons l’Aid à domicile, c’est triste de ne pas accomplir notre prière dans les mosquées, le Coronavirus nous a privé de tout. La joie et le bruit des enfants, nous manque beaucoup», a confié Ahcène sur un ton triste. Pour rompre avec le confinement et la distanciation sociale, les familles bouirries recourent à internet et à l’utilisation l’espace virtuel des réseaux sociaux pour échanger les vœux et partager leur joie avec les siens, ainsi qu’avec les amis et les proches. C’est une façon pour la plupart de s’adapter à la circonstance difficile notamment avec l’interdiction des visites familiales et la circulation automobile par crainte de propagation du virus, qui a ne cesse de faire ses victimes à Bouira, ainsi que dans d’autres wilayas du pays. «C’est un moment crucial, nous devons nous conformer à ces mesures de prévention pour pouvoir espérer une issue de cette crise. Les gens doivent s’adapter à cette situation difficile», a souligné à l’APS Arezki Abdennour, doyen de la faculté de sociologie à l’université Akli Mohand Oulhadj de Bouira. Samedi, les Bouiris se sont rués sur les marchés pour faire leurs achats avant la fête, au mépris de la distanciation sociale imposée par les autorités et bravant parfois les tentatives de la police de disperser la foule. Les appels à la prudence se sont multipliés depuis quelques jours à Bouira, où le Covid-19 a fait plus d’une dizaine de cas en quatre jours, selon la direction de la santé publique (DSP).<