Les cours ont été suspendus, hier, à travers plusieurs établissements scolaires de la wilaya de Bouira, après que des lycéens ont décidé d’investir la rue pour protester contre le supposé vote des parlementaires contre la généralisation et la promotion de la langue amazighe.

En effet, des centaines d’élèves du cycle secondaire ont battu le  pavé, notamment dans les villes de M’Chedallah, Haïzer, Bechloul et El Esnam, pour dire stop à «ces manoeuvres», visant la langue berbère. «Assa Azeka, tamazight tela», scandaient à haute voix les lycéens marcheurs encadrés par des cordons des services de sécurité déployés en nombre important, a-t-on constaté. A M’Chedallah, localité située à une quarantaine de kilomètres à l’est de Bouira, la plupart des établissements étaient presque paralysés durant toute la journée d’hier, en raison de ce mouvement de protestation initié par les élèves. La marche des lycéens observée au chef-lieu communal s’est déroulée dans le calme et aucun incident n’a été signalé. D’autres actions de rue ont été aussi organisées notamment à Haïzer, où des élèves ont scandé des slogans en faveur de la promotion de tamazight. Dans ses réponses faites à l’occasion de la célébration du centenaire de la naissance de l’écrivain Mouloud Mammeri, qu’abritait samedi dernier la maison de la culture Ali-Zamoum de la ville de Bouira, El Hachemi Assad, président du Haut-commissariat à l’amazighité (HCA), a regretté que des écoliers occupent la rue «sous prétexte que tamazight est exclue», en précisant que ces informations, relayées notamment sur les réseaux sociaux, sont infondées. «Pour la première fois, le plan d’action du gouvernement positionne le rôle du HCA. Ce rôle est la généralisation de tamazight. En 2018, nous avons plusieurs projets avec toutes les institutions de la République afin d’introduire tamazight dans tous les secteurs», a-t-il dit à la presse locale.