Située à une dizaine de kilomètres au nord du chef-lieu de wilaya de Bouira, la commune d’Ait Laâziz est enclavée. La population, plus de 20 000 habitants, vit dans des conditions extrêmement difficiles. Les routes d’accès se trouvent dans une situation pitoyable. L’eau potable manque cruellement.

Lors de notre périple qui nous a conduits à travers les villages, des habitants ont soulevé plusieurs insuffisances. «Les chemins reliant nos villages et localités sont impraticables», a dénoncé Ahmed, la quarantaine. Ce transporteur résidant au village de Bezzit affirme qu’une partie de la route desservant le village au chef-lieu de wilaya est dégradée. «Nous avons même organisé des grèves dans le but d’attirer l’attention des autorités locales sur ce problème. Les engagements pris par les responsables n’ont pas été respectés», a-t-il déploré.
L’aménagement tant attendu par les habitants du chef-lieu n’a pas encore vu le jour, a-t-on dénoncé. «Il n’y a aucun projet en notre commune pouvant nous assurer des postes d’emplois. Pour chercher du travail, il faut se déplacer vers la commune de Bouira ou aller ailleurs.
Nous sommes marginalisés», a regretté un jeune ingénieur en génie civil. Idem pour les structures sportives quasiment inexistantes. L’unique stade de football se trouve à une vingtaine de kilomètres du village. «Les autorités locales sont au courant de cette situation. Les villages ont besoin d’infrastructures sportives et de loisirs», a confié un citoyen. A Bezzit, tout comme à Malla, ou à Iaâlwachen, les habitants endurent le manque de plusieurs commodités vitales. «Le projet de raccordement des foyers en gaz naturel n’a pas touché notre localité», a regretté un habitant d’Iaâlwachen, affirmant que ce problème a été soulevé, mais aucune suite ne leur a été donnée. «Notre localité est perchée en haute montagne. Les conditions climatiques sont difficiles, notamment en hiver. La bonbonne de gaz butane se fait de plus en plus rare, bien que des localités de notre commune soient raccordées au gaz naturel», a ajouté notre interlocuteur. Les familles recourent même au bois pour se chauffer en cette période de froid. Il faut souligner qu’une grande partie de la commune d’Ait Laâziz est alimentée en gaz naturel.
Mais cela reste insuffisant, ont affirmé des villageois, pour faire sortir la région de son marasme. «Aucun projet de logement n’a été programmé dans notre commune pouvant ainsi dégager des postes d’emploi pour les jeunes chômeurs. Le projet lancé il y a plus de trois ans dans le but de raccorder les populations aux eaux de barrage Tilesdit dans la commune de Bechloul est à l’arrêt, sans que les autorités réagissent», s’indignent-ils.
«L’eau continue de manquer même en période hivernale. Les familles continuent de s’alimenter via les sources et l’achat des citernes d’eau à raison de 2000 DA la citerne», a-t-on soulevé encore.