Une quantité de 5.000 tonnes de pommes de terre sera déstockée graduellement à partir de jeudi à Bouira pour réguler le marché et lutter contre la spéculation et la pénurie signalée depuis quelques jours dans cette wilaya, a-t-on appris de la direction des services agricoles (DSA).

«Ce déstockage se fait graduellement, et nous allons déstocker dans une première étape une quantité de 2.000 tonnes afin de réguler les prix et le marché», a expliqué à l’APS la chargée de la communication de la DSA, Mme Salima Kerkoud. Selon les détails donnés par la même responsable, les 5.000 tonnes seront commercialisées directement et sans intermédiaire soit, de l’agriculteur au consommateur et ce à travers des points de vente bien précis à Bouira, Lakhdaria, Sour El GHouzlane et Aïn Bessam. «Cette décision vise à lutter contre les pénuries, et contre la spéculation qui gangrène nos marchés en ce genre de période», a souligné Mme Kerkoud. Par ailleurs, une forte demande a été enregistrée ces deux derniers jours à Bouira sur les produits alimentaires de première nécessité, ce qui a causé une pénurie de la semoule et une hausse des prix des légumes. Cette situation a soulevé l’inquiétude et la colère des citoyens. Depuis mardi, une ruée massive a été enregistré sur les marchés et commerces de la wilaya, où grand nombre de citoyens sont en quête de s’approvisionner en cette période de crise née de la propagation du Covid-19. Jeudi, les commerces étaient pris d’assaut par les citoyens en quête de s’approvisionner en produits alimentaires nécessaires pour surmonter la période de confinement décidé dans le cadre des mesures de prévention face à la pandémie qui a fait plusieurs cas et de décès notamment à Blida et Alger. «Je suis obligé de m’approvisionner en quantités suffisantes de produits alimentaires. J’ai pris quatre sacs de semoule et une bonne quantité de légumes pour passer cette période de pandémie de coronavirus», a confié à l’APS Amar, un citoyen d’El Adjiba (Est de Bouira). Cet engouement sur les produits alimentaires de première nécessité a causé aussi une hausse des prix des légumes, a-t-on constaté sur un grand nombre de marchés et de points de vente. A Bouira, le kilogramme de pomme de terre qui se vendait il y’a quelques jours entre 40 et 50 dinars est passé à 100 dinars jeudi. Pour le poivron et la tomate, un kilogramme est cédé jeudi à 140 dinars alors qu’il ne coûtait qu’entre 80 et 100 dinars dimanche dernier, a-t-on constaté sur le marché hebdomadaire de la ville de Bouira. D’autres légumes à l’image des carottes, courgettes, haricots verts, ont subi une hausse allant de 2 à 3%. Pour ce qui est de la semoule, la communication de la DSA a assuré que la pénurie de ce produit était due à l’engouement fort enregistré ces trois derniers jours sur les commerces de l’alimentation. «Le marché sera réapprovisionné de nouveau pour répondre à la demande puisque il existe de grandes quantités à Bouira, donc cela ne posera pas problème», a expliqué Mme Kerkoud. Le prix de la semoule a connu, lui aussi, une hausse de 50 %, dont un sac de 25 kilogrammes est vendu à 1.500 dinars, alors que son prix ne dépassait pas les 1000 dinars, il y’a quelques jours seulement. Par ailleurs, les produits pharmaceutiques de prévention (gel hydro-alcoolique, gants chirurgicaux et bavettes) sont de plus en plus introuvables. «Les gens ont tout pris ces derniers jours en raison de la panique et de la peur provoquées par l’apparition de la pandémie du Covid-19», a indiqué Nassim, un pharmacien de M’Chedallah. Les prix de ces mêmes produits pharmaceutiques de prévention ont presque doublé, selon le même pharmacien en raison de la forte demande enregistrés depuis une semaine. (aps)