Reporters : La campagne moissons-battage 2020 a débuté le 12 avril dernier à partir de la région d’Adrar. Quel bilan d’étape pouvez-vous faire ?
Bouchahda Abdelrahmane : La campagne est à mi-chemin de se clôturer. Une campagne qui va concerner Adrar entre 10 000 et 14 000 hectares d’emblavés de blé dur, irrigués en grande partie par le système de pivot mobile. Mais ce qu’il y a lieu de retenir, comparativement à la campagne précédente, nous sommes en avance d’un mois dans la région d’Adrar et de Khenchela.

Ce résultat résulte-t-il de la mobilisation de moyens matériels importants où bien y a-t-il d’autres facteurs ?
C’est le fruit d’une initiative que nous avons tenu à concrétiser sur le terrain depuis que nous nous sommes aperçus qu’entre le point de récolte et le dépôt au niveau des CCLS, le temps écoulé était trop long. C’est surtout le cas dans la wilaya d’Adrar, où les distances parcourues sont proches des 300 kilomètres. Ainsi nous avons mis en place des points de collectes le plus proche possible des zones de récolte. Deux dans la région d’Aoulif et un autre au sud de Kenchela. Ces aires sont équipées de bascules et du nécessaire pour couvrir les récoltes. Ainsi avec cette diminution de parcours, nous étions, au 26 mai dernier, à 250 000 quintaux de blé qui ont été acheminés aux nouveaux points de collecte qui seront ensuite progressivement emmenés vers les grands silos implantés dans les Hauts-Plateaux. En somme, la mise en place de points de collecte est tout au bénéfice des céréaliers du Sud et de l’OAIC.

Quid du mode opératoire des Coopératives de céréales et de légumes secs (CCLS) ?
Il faut savoir qu’elles ont un statut particulier qui nous permet de nous immiscer dans cette partie de leur organisation. Nous intervenons seulement dans le prélèvement des stocks sur leur espace de collecte. Comme il faut savoir que celles-ci ont de grosses difficultés financières causées en grande partie par le fait que le dépositaire, c’est-à-dire le céréalier, est redevable à la CCLS d’un tarif de 20 DA par quintal réceptionné. Nous allons réceptionner une nouvelle CCLS à Tissemsilt, car le besoin d’une telle structure se fait ressentir dans cette région à forte vocation céréalière.

Parlez-nous un peu de votre programme d’importation actuel ?
Contrairement aux années précédentes, et par rapport à cette même période, le programme d’achat connaît une sérieuse avancée. Nous lançons des avis d’appel d’offres chaque fois que nous avons des données que les cours sur les marchés internationaux vont baisser. Ce qui a rendu la facture d’importation moins élevée tout en maintenant notre programme d’achat.

Pour revenir enfin aux prévisions de campagne moissons-battage, il est révélé des rendements record à Adrar et Khenchela de l’ordre de 70 à 80 quintaux à l’hectare. Quelle est votre lecture ?
De par mon expérience, je peux dire que ce sont des niches de rendements élevés et qui plus est très circonscrits dans l’espace géographique. Il faut dire que la surface emblavée totale se situe autour de 3,4 millions d’hectares. Le satisfecit intervient que sur la base du rendement moyen national et sur ce point, il reste très en deçà des objectifs escomptés. Du moins à court terme.