Les organisations patronales privées sont en discussion depuis trois jours pour finaliser des propositions communes en vue de contribuer à l’élaboration d’un plan de sauvegarde des entreprises et du pouvoir d’achat des travailleurs ainsi qu’un plan de relance économique et social consensuel.
Les organisations patronales travaillent à une plateforme commune de propositions du patronat privé à présenter au gouvernement en vue de la finalisation du plan de sauvegarde des entreprises et du pouvoir d’achat des travailleurs impactés par la pandémie Covid-19 et le plan de relance économique et social destiné à faire redémarrer l’appareil économique, une fois la crise sanitaire surmontée. C’est ce que nous a indiqué Boualem M’Rakach, président de la Confédération algérienne du patronat (CAP), contacté hier par Reporters. «Ces organisations patronales sont en discussions depuis trois jours pour finaliser cette plateforme». Pour le président de la CAP, six propositions sont retenues dans cette plateforme commune. Première proposition, la lutte contre la bureaucratie qui est en train de tuer l’économie. La seconde porte sur la réforme du secteur bancaire et financier. La troisième concerne la fiscalité. «Il convient de revoir de fond en comble la fiscalité. La fiscalité doit être juste, transparente, orientée vers la consolidation, la rentabilité de l’entreprise. Il convient de revoir l’assiette et les différents taux d’imposition (qui pénalisent l’entreprise)», a-t-il suggéré.

La quatrième proposition porte sur la formation et l’éducation. «L’entreprise doit être partie prenante dans les politiques publiques en matière de formation et d’éducation. En un mot, elle doit être partie prenante dans tout ce qui se fait dans le domaine de la connaissance. L’entreprise doit etre partie prenante en particulier dans la politique de l’enseignement supérieur», préconise la CAP. La proposition phare de la Confédération algérienne du patronat est la création d’une structure permanente qui regrouperait les partenaires sociaux, les représentants de l’Etat et le patronat, a ajouté M’Rakach. «C’est une structure d’exécution chargée de la mise en oeuvre des mesures contenues dans le plan de sauvegarde et le plan de relance économique et sociale qui sera ainsi élaboré à l’issue d’un consensus entre le gouvernement, le patronat et les partenaires sociaux. En clair, cette instance est chargée en autres de cerner ce qui a été mal fait dans l’application de ces mesures de sauvegarde et des actions du plan de relance. Pour le président de la CAP, il ne s’agit pas à l’Etat de donner de l’argent aux entreprises mais d’accompagner les entreprises. Il convient pour les mesures de sauvegarde de faire comme les Etats-Unis, l’Europe et même les pays africains d’accorder des crédits d’exploitation garantis par l’Etat, pour faire face aux besoins de trésorerie anciens ou nouveaux des entreprises touchées par la pandémie Covid-19. Il a rappelé que la CAP compte 15 fédérations et a indiqué, en outre, que les entreprises membres de ces fédérations ont accordé des avances aux travailleurs qui représentent 80% du salaire pendant les trois premiers mois de la pandémie Covid-19. M’Rakach a ajouté que toutes les entreprises affiliées à la CAP sont touchées par les effets de la pandémie. Ce n’est pas uniquement la filière du BTPH qui est frappée de plein fouet par les conséquences de la crise sanitaire. Pour le premier responsable de la CAP, la pandémie Covid-19 va durer. «La situation sanitaire et économique est très difficile. Mais la santé des citoyens passe avant l’économie. Cela n’empêche pas de prendre d’ores et déjà les mesures idoines susceptibles de préserver la santé des entreprises et donner un élan à l’économie nationale. Des actions qui assurent l’avenir de l’économie nationale. K. R.