Propos recueillis par MILINA KOUACI
Reporters : Le ministre de l’Education nationale poursuit les préparatifs pour la prochaine rentrée scolaire. Comment appréhendez-vous la rentrée au vu du retour épidémique ?
Boualem Amoura : On l’appréhende mal. Je suis persuadé que les mêmes problèmes d’avant vont encore ressurgir. On n’a jamais eu une rentrée scolaire normale. Des insuffisances et défaillances sont soulevées annuellement.

De quels problèmes s’agit-il ?
A chaque rentrée, les élèves n’ont pas cours le premier jour de la rentrée. Nous avons un problème d’eau, de gestion des cantines scolaires, du livre scolaire qui n’est jamais remis aux élèves aux vacances en fin d’année. Nous avons de nouveaux établissements qui sont toujours en cours de constructions et qui n’ont pas encore été réceptionnés, donc on risque de faire face à des établissements surchargés. Malheureusement, le nombre d’établissements n’évoluent pas avec le nombre d’élèves qui augmentent. Dans certaines régions, il est prévu d’ouvrir des annexes de collèges ; réserver certaines classes de primaire pour les collégiens alors qu’il est insensé de les mettre dans les mêmes écoles.

Qu’en est-il du mode d’enseignement ? Allons-nous vers le maintien de la répartition par groupe ?
A un mois de la rentrée, on ne sait pas si on le ministère va maintenir la répartition de groupe ou recourir à l’organisation scolaire normale. Il y a un flou total. Le comité scientifique ne s’est pas encore exprimé. Nous en tant que syndicat demandons de retourner à l’ancien système scolaire, car pédagogiquement, la répartition de groupe a démontré ses limites. Les programmes scolaires ne sont pas terminés, les élèves n’ont pas acquis toutes les connaissances pour accéder à un niveau supérieur.

Quel commentaire faites-vous des mesures annoncées pour alléger le poids du cartable ?
Le ministère a annoncé la dotation de 1600 établissements scolaires de tablettes électroniques. Ces établissements sont choisis parmi plus de 20 000 établissements scolaires ce que je considère comme une ségrégation. 1600 écoles ne représentent que 8 % de toutes les écoles. La solution que propose le Satef est la refonte radicale du système éducatif, des rythmes scolaires et d’aller vers une école de qualité.
Ajoutons à cela que les directeurs de l’éducation ont instruit les Assemblées communales, sur lesquels ils n’ont aucun pouvoir, de sécuriser les écoles sachant que beaucoup de présidents d’APC sont en congé et les assemblées communales déficitaires.

Où en sont vos revendications socioprofessionnelles ?
Nous avons sursis à toutes les revendications hormis le pouvoir d’achat qui est une revendication commune à tous les syndicats de la fonction publique. Nous allons mettre toutes nos énergies pour améliorer le pouvoir d’achat. Certes, le président de la République s’est engagé à augmenter les salaires à partir de janvier 2023, mais la situation sociale ne tolère aucune tergiversation. Il est prévu de se réunir dès la première semaine de septembre pour évaluer les acquis et les perspectives.