«  Nous n’avons rien à lui apprendre. Il est au courant de tous les dysfonctions et anomalies du secteur ». C’est en ces termes qu’a réagi Boualem Amoura, président du Syndicat autonome des travailleurs de l`éducation et de la formation (Satef) aux propos du ministre de l’Education,  Abdelhakim Belabed concernant l’activité syndicale.

Ce dernier  a affiché, mardi dernier,  sa volonté de mettre en place « les mécanismes nécessaires  pour permettre à l’action syndicale de contribuer à la stabilité du secteur », dans le cadre de la confiance, la sincérité et le respect mutuel entre les syndicats. Le ministre a, dans cette perspective, fait part de consultations qui seront engagées avec les représentants des syndicats sur les voies et moyens de soulever les préoccupations socioprofessionnelles des travailleurs du secteur.

 Pour le président du Satef, les syndicats  n’ont rien à apprendre à l’actuel ministre sur les problèmes auxquels font face les professionnels secteur. Ceci d’autant que ce dernier était pendant des années Secrétaire général au ministère et même  directeur des ressources humaines, rappelle M. Amoura. «  Belabed est un connaisseur des dossiers du secteur qui sont malheureusement restés sans suite », insiste notre interlocuteur. Il citera notamment  le statut particulier portant sur le reclassement des enseignants, intendants et économes, la surcharge des classes, les œuvres sociales, l’affectation des nouveaux enseignants ainsi que les réformes du système éducatif.  «  Cela fait des années qu’on soulève ces problèmes avec l’ancienne tutelle sans que la situation n’ait pu avancer », ajoutera le syndicaliste.

Pour rappel,  six autres syndicats autonomes, membres de la Confédération des syndicats algériens (CSA) refusent d’assister aux réunions bipartites. Lundi dernier, ces syndicats ont décliné l’invitation du ministre de tutelle, le considérant comme membre d’un  gouvernement « illégitime » que le peuple rejette catégoriquement.

Mais bien avant l’avènement du mouvement populaire, en février dernier, quatre syndicats autonomes du secteur, dont la Satef, avaient décidé, en décembre 2018, de se retirer de la Charte d’éthique éducative, signée en 2015 par le ministère de l’Education nationale avec  huit syndicats et deux associations de parents d’élèves. Le retrait avait été justifié par le « non-respect » par la tutelle de ses engagements. «  Notre retrait de la charte d’éthique et le boycott des réunions bipartites sont irrévocables », tranche le président du Satef. Les syndicats enseignants n’éloignent pas d’ailleurs la possibilité de renouer  avec l’action syndicale, car les mêmes problèmes de fond, soulevés depuis toujours, perdurent. En parallèle, ils réitèrent leur soutien « indéfectible » au Hirak.

Ils prévoient, par ailleurs, chacun de son côté, une réunion de leurs conseils nationaux pour trancher sur les actions à entreprendre. Des actions en faveur du secteur, même si l’action syndicale, du point de vue du ministre «  ne peut être résumée uniquement en mouvement de grève ». Ce dernier considère que le syndicat « est la force de proposition et joue un rôle responsable qui consiste à soulever, accompagner et défendre les préoccupations et les revendications légitimes des travailleurs ».