L’imam algérien expulsé par la France «n’est pas le premier imam expulsé de ce pays et c’est là une décision libre et souveraine de l’Etat français», a déclaré hier le président du Haut conseil islamique (HCI), Bouabdallah Ghlamallah, lors d’une conférence de presse qu’il a animée en prévision de la conférence internationale sur «l’enseignement de l’éducation islamique dans les établissements publics», prévue aujourd’hui à Alger.

Pour rappel, El Hadi Doudi, un imam salafiste de Marseille a été expulsé, vendredi dernier, de France vers l’Algérie pour ses prêches «radicaux», selon le ministère français de l’Intérieur.
Sur le risque salafiste, Bouabdallah Ghlamallah n’a pas manqué de saluer le message du président de la République Abdelaziz Bouteflika, à l’occasion de Yaoum el ilm, dans lequel il avait appelé à «faire face avec clairvoyance» aux idées «étrangères auxquelles est confrontée l’unité du peuple algérien sunnite». Le président du HCI a, par ailleurs, abordé le dossier de l’école algérienne en affirmant que «l’Algérie ne se soumet pas aux diktats extérieurs pour l’élaboration de ses programmes scolaires», soulignant que l’opération «d’assainissement des programmes est effectuée constamment par l’Etat algérien depuis l’Indépendance».
Organisée par le HCI, en coordination avec les ministères de l’Education nationale, des Affaires religieuses et des Wakfs et de la Culture, la conférence d’aujourd’hui verra la participation de 30 pays et instances islamiques dont les représentants présenteront «les programmes adoptés par plusieurs pays dans l’enseignement de l’éducation islamique pour ne pas confiner le citoyen musulman dans ses frontières nationales et étendre son appartenance au monde islamique», a déclaré M. Ghlamallah. Ajoutant que cet événement sera couronné par «la déclaration d’Alger», qui sera adressée à «la nation musulmane» en vue, a-t-il insisté, de «prôner l’entente et l’unité et refléter la véritable image de l’Islam. Un Islam exempte des courants intrus qui veulent l’instrumentaliser dans la mise en œuvre de politiques qui ne servent pas la religion et encouragent l’islamophobie, en prétendant que l’Islam consacre l’hostilité, l’obscurantisme et l’ignorance ». Le président du HCI dira, à l’occasion, que «des parties non musulmanes opposées à l’expansion de l’islam et à l’aspiration de certains pays musulmans à l’indépendance se cachent derrière ces fausses interprétations».
Organisée en coordination avec le Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC), avec la participation de six universités algériennes, la conférence internationale verra la présentation de 42 communications sur la notion de l’éducation islamique, la réalité et les difficultés de son enseignement dans les établissements publics officiels ainsi que les perspectives de son développement, présentées par des chercheurs en sciences de l’éducation, des académiciens, des membres de laboratoires de recherche, des inspecteurs du secteur de l’éducation, et des membres des instances chargées de l’élaboration des programmes éducatifs.