Lancé en 2006, l’EHS régional de 120 lits, spécialisé dans l’orthopédie et la traumatologie, n’est toujours pas réceptionné après avoir englouti des sommes colossales.

Au départ, l’étude du projet a été confiée au bureau d’études Ceris à Alger et la réalisation à l’entreprise portugaise Abrantina. Sauf que des failles ont été détectées, du coup le contrat a été résilié avec les deux entreprises. Les travaux ont repris en 2014 pour atteindre le taux d’avancement de 98%, selon la fiche technique. « Le coût des imperfections est estimé à 4 milliards de centimes, destinés à refaire des plafonds, colmater des étanchéités et autres défauts. Mais, théoriquement, tout est fin prêt pour la réception de cette infrastructure au début de l’année prochaine », nous dit M. Belattar, chargé du projet. Un projet qui a fait l’objet d’une longue halte du ministre de la Santé M. Hasballaoui qui était en visite mardi, où il a déclaré qu’une « commission ministérielle sera dépêchée sur les lieux et prendra le temps qu’il faudra pour enquêter et rendre son rapport avant l’installation des équipements, dont le coût est estimé à 85 milliards de centimes ». Le ministre a affirmé qu’une importante enveloppe financière a été réservée à l’équipement de cet hôpital de 120 lits mais ne sera débloquée qu’après la fin des travaux.

Sans avancer de date pour la réception de l’hôpital, le ministre a exhorté les entreprises de réalisation à rattraper le retard accusé « avant le premier trimestre de l’année prochaine ». Il a exprimé, à l’occasion, sa désapprobation à l’égard de la conception des couloirs de cet hôpital qu’il a considéré « inadaptés » pour l’accueil des malades dirigés vers le bloc opératoire et a décrié le retard mis dans les travaux lancés en 2006 et ayant coûté au Trésor public « plus de 40 milliards DA ». Relevant l’intérêt porté par l’Etat à la formation continue des personnels du secteur de la santé, M. Hasbellaoui a indiqué que la wilaya de Bordj Bou-Arréridj sera renforcée en ressources humaines médicales. Il a également noté que le déficit enregistré en paramédicaux estimé à 60 000 postes sera rattrapé « dans les prochaines années » et a été réduit actuellement de 20 000 postes. Un peu plus tôt, le ministre a également inspecté les EPH de Mansoura, Bordj Ghedir et Bordj ainsi que l’école de formation paramédicale, avant de tenir à huis clos une réunion avec les cadres du secteur. Dans ce cadre, Mokhtar Hasbellaoui a fait état de l’élaboration d’un programme de rééquipement des établissements hospitaliers de la wilaya.