Pour la première fois, le jour de l’an berbère Yennayer, correspondant au 12 janvier, sera chômé et payé, bien que la fête coïncide cette année avec un jour déjà chômé et payé depuis belle lurette. Pour certains, cette victoire, qui vient après moult tergiversations

, n’est que « de la poudre aux yeux pour faire diversion et tourner le dos aux véritables préoccupations de la société », pour d’autres, c’est un grand pas vers d’autres victoires à travers lesquelles on pourra se référer par rapport à une civilisation et un mode de vie qui remontent à 2968 ans en régnant en maître sur l’Afrique du Nord pendant des dynasties. Et pour cet évènement d’exception, une manifestation d’exception a été concoctée par la direction de la culture. 

Elle sera animée pendant une semaine par une pléiade d’artistes, d’hommes et de femmes de lettres, d’artisans, de poètes, fervents de la cause et de la culture berbères… dans un bain linguistique très cher à Mouloud Mammeri, en tamazight. Le public pourra assister à des ateliers de calligraphie tifinagh, des cours de tamazight, aux expositions d’habits et bijoux berbères, à des conférences traitant du patrimoine berbère, à des recettes d’art culinaire, des galas de musique pour les mélomanes… Bref, il y en aura pour tous les goûts, selon le programme en notre possession. Du 7 au 13 janvier, le public, avide de la culture berbère, aura l’occasion de découvrir un immense patrimoine matériel et immatériel, crypté pendant des millénaires et qui sera au fur et à mesure remis en relief et au goût du jour. Le coup d’envoi des manifestations sera donné demain depuis la bibliothèque principale Mohamed-Boussam, dont une partie des activités seront animées au palais de la culture Mohamed Boudiaf. Les premier et deuxième jours d’Yennayer, correspondant au 12 et 13 janvier, seront célébrés à Beni Lâalam, dans la commune de Tassameurt, au nord, avec au menu un bouillon de culture, élaboré par l’association culturelle Ithrène (étoiles) de Djaâfra, une conférence donnée en tamazight à l’école Belazzoug-Younès, une visite guidée dans un village pittoresque de la commune, avant de clore la semaine par un gala artistique. Prendra part également à cette manifestation une troupe chaouie de Batna, qui animera une soirée artistique au Palais de la culture la veille du Nouvel An. Mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’au-delà de l’aspect festif et convivial de la manifestation, Yennayer est, par essence, une date de référence, choisie par nos visionnaires aïeux pour faire le bilan de l’année écoulée pour mieux se projeter l’année suivante et surtout pouvoir vivre dans l’autarcie et la cohésion sociale, autrement dit, dans la dépendance économique et la solidarité nationale, en termes de nos jours. Et c’est cela l’esprit de Yennayer.