Une vingtaine de jeunes et de moins jeunes du village d’Aourir, dans la commune de Djaâfra, ont observé avant-hier un sit-in devant le siège de la wilaya, en « ultime moyen pour se faire entendre », en tentant d’exposer leurs préoccupations au premier responsable de la wilaya.

Le sujet de la discorde est un stade situé sur un terrain appartenant à la commune d’El Maïn, exploité par des jeunes d’Aourir de la commune limitrophe Djaâfra et réclamé propriété privée par un citoyen. « Nous occupons le stade depuis dix ans, d’ailleurs, c’est le seul endroit de distraction où convergent les jeunes. Et c’est l’ancien P/APC, actuellement sénateur, qui l’a inauguré avec l’aval du wali d’alors, sans la moindre objection d’une quelconque partie. Et dix ans après, une personne surgit de nulle part pour s’approprier le terrain. Il y a de quoi sortir de ses gonds. Voilà pourquoi nous sommes là. C’est pour transmettre notre préoccupation aux plus hauts responsables de la wilaya », nous disent des jeunes. « Moi, je connais l’endroit bien avant la guerre de Libération, c’était un terrain vague du baïlek, et personne ne le réclamait comme propriété privée », enchaîne un septuagénaire. Ce sit-in a coïncidé avec les journées de formation au profit des P/APC. Et au sortir de la wilaya, les protestataires ont interpellé le P/APC de Djaâfra en le submergeant d’une avalanche d’arguments.
Ce dernier a tenté de calmer les esprits en promettant aux jeunes de prendre leur revendication en mains. « D’abord, ce n’est pas dans la rue qu’on discute. Une chose est sûre, une rencontre entre les P/APC de Djaâfra et El Maïn ainsi qu’un représentant du cadastre aura lieu incessamment pour mettre un terme au quiproquo », leur dira-t-il. « Moi, je suis fraîchement élu, donc je n’appréhende pas bien le sujet. Mais je tente de faire en sorte de satisfaire tout le monde. Car, au final, qu’ils soient de Djaâfra, d’El Maïn ou de Bouhamza, dans la wilaya de Béjaïa, ils sont tous nos enfants. Donc je ne vois aucun problème si le terrain est dans ma commune et occupé par d’autres jeunes d’une autre commune », nous dit le P/APC d’El Maïn. Après une demi-heure de discussion, la foule s’est dispersée, en menaçant, toutefois, de revenir pour « dresser » une tente devant le siège de la wilaya, si leur revendication n’aboutit pas.