Située à 190 km du port de Béjaïa, la zone logistique de Tixter, dans la commune de Aïn Taghrout, est considérée comme une plaque tournante entre les différentes régions du pays, ce qui a fait d’elle un fleuron économique susceptible de créer de la valeur ajoutée et de générer de la richesse. Or, la réalité est tout autre, puisque l’infrastructure tourne en deçà de ses capacités depuis sa mise en service en 2016.

Mais quel grain de sable aurait empêché cette infrastructure de tourner à plein régime ? « C’est vrai nous n’avons pas atteint nos objectifs depuis la mise en service du port sec, pour la simple raison que beaucoup d’opérateurs sont habitués à faire leurs transactions économiques au niveau des ports d’Alger ou de Béjaïa. Et pour promouvoir cette base logistique, nous avons déployé une procédure appelée l’éclatement de manifestes en intensifiant nos activités durant les deux dernières années, 2017 et 2018, en les multipliant par 4. Et selon un état arrêté au 31 octobre 2018, nous avons enregistré 3 600 boîtes, soit 4 fois plus qu’en 2017. Ce qui explique l’engouement des opérateurs, encouragés par des facilités douanières», nous explique M. Kacimi, cadre dirigeant au niveau de l’Entreprise portuaire de Béjaïa, en marge de la journée d’information sur les activités multimodales du port de Béjaïa, tenue avant-hier à la Chambre de commerce et d’industrie des Bibans. Dans ce cadre, les participants à la journée d’étude ont souligné la nécessité de redynamiser le port sec de Tixter et d’en faire un mécanisme de soutien à l’investissement. Pour sa part, le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Bordj Bou-Arréridj, Radjah Belouahri, a déclaré que les activités de cette zone logistique se limitaient à l’heure actuelle aux opérations d’import-export de containers en attendant d’y voir la création d’espaces de stockage et de conditionnement, notamment en ce concerne les produits agroalimentaires. Il a, à ce sujet, évoqué le projet d’extension de ce pôle sur 30 hectares qui permettra la création d’une zone dédiée à la réception des frets aériens. Affirmant que ce projet revêt « une importance capitale » pour les opérateurs économiques et permettra de booster les exportations des produits périssables. De son côté, le représentant du directeur régional chargé des affaires techniques au sein de la direction des Douanes, Mohamed Nabi, a rappelé que le port sec de Tixter occupe « la première place à l’échelle nationale en matière d’exportation de produits électroménagers et agricoles ». Il a par ailleurs, affirmé que la direction des Douanes a mobilisé tous les moyens humains et logistiques pour offrir toutes les conditions nécessaires aux opérateurs économiques en matière de services et ainsi encourager les exportations hors hydrocarbures faisant état de l’existence d’une aile consacrée aux opérations d’exportations des produits agricoles et des produits périssables. Notons que la journée a été l’occasion de présenter la cartographie de l’offre projetée de l’axe de service entre le port de Béjaïa et la zone logistique extra portuaire de Tixter à Bordj, promouvoir le transport intermodal des marchandises et les prestations logistiques intégrées et identifier les opportunités d’amélioration potentielles. Le port sec de Tixter est à 24 km du chef-lieu de wilaya et sa dynamique zone industrielle, à 41 km du chef-lieu de la wilaya de Sétif, à 7 km de l’autoroute, à 9 km de la RN5 et limitrophe de la voie ferrée.