Bien qu’elles soient gérées d’une façon archaïque et n’offrant aux visiteurs qu’un minimum de prestations, les deux principales stations thermales de la wilaya de Bordj (Les Bibans, à l’ouest, et Ath Halla au nord) sont en passe de devenir une nouvelle destination touristique attractive, du fait qu’elles drainent des milliers de visiteurs, à des fins récréatives ou curatives, affluant de partout et à longueur d’année.

Des centaines de jeunes, notamment, débarquent, surtout le week-end, pour bivouaquer en dressant une tente ou louant une chambre de chalet, rien que pour profiter des bienfaits des eaux thermales, s’offrir une randonnée pédestre sur des sentiers escarpés parmi les chênes, les pins et les buissons, ou ne serait-ce écouter le gazouillage des sources qui jaillissent depuis la nuit des temps. En tout cas, tout le monde y trouve son compte : qui pour se détendre et s’offrir une randonnée au milieu verdoyant, qui pour se soigner avec les eaux bénies aux multiples vertus thérapeutiques, scientifiquement prouvées, en substance dans le traitement des maladies respiratoires, dermatologiques et autres rhumatismales, ou tout simplement se libérer, l’espace d’un week-end, pour s’éclater autour d’un feu de camp, quand le thermomètre dégringole. Mais la majorité des visiteurs que nous rencontrons viennent de différentes régions du pays et même d’ailleurs pour bénéficier d’une cure thermale. D’ailleurs, il y a quelque temps, le gérant de la station des Bibans, non loin de la RN 5, nous a affirmé que l’un de ses visiteurs, tétraplégique, avait retrouvé l’usage de ses jambes un quart d’heure après un bain de 70 degrés. Et même son médecin traitant en France, «n’en revenait pas en voyant son patient d’aplomb», nous disait-il. Si la station thermale des Bibans a l’atout d’être à proximité de la RN5 et de l’autoroute Est-Ouest, celle d’Ath Halla est enclavée, à cheval entre trois wilayas, Bordj, Béjaïa et Sétif. Pour l’atteindre, il faut traverser l’oued au risque d’être englouti par les flots, surtout en hiver lorsque les neiges fondent pour donner naissance à des crues. Le tronçon de 6 km qui relie le chef-lieu de la commune d’El Main à la station dissuade beaucoup de visiteurs, puisqu’il serpente dans la montagne avec une pente de plus de 10%. Toutefois, la mise en service du pont de 122 mètres, enjambant l’oued, a sensiblement fluidifié et facilité la circulation des curistes et vacanciers venus de tous bords. Au-delà des aspects curatif et récréatif, les stations thermales sont également un atout économique de taille susceptible de générer de l’emploi et de la richesse. Il suffit juste d’afficher une réelle volonté politique pour redorer le blason de l’Algérie, qui reste à la traîne dans ce domaine et en finir avec les idées reçues qui lui collent tant à la peau. Car l’Algérie n’est malheureusement connue qu’au travers de quelques clichés : pétrole et gaz pour les meilleurs, et terrorisme, insécurité et corruption pour les pires.