Bien que le mouvement de contestation ait gagné l’ensemble du territoire national, mais aux yeux de tous, et en dehors de la place de la Grande Poste à Alger, Bordj-Bou Arréridj est l’autre capitale du Hirak, de par l’ampleur du nombre de manifestants et du gigantisme des slogans expressifs brandis. De quoi susciter la curiosité de certains titres de presse étrangère, française particulièrement. « Depuis des semaines, c’est le même ballet, chaque vendredi, des centaines de milliers d’habitants de la wilaya, et même d’au-delà, affluent à Bordj Bou Arreridj, à 230 km à l’Est d’Alger. La ville a beau être considérée comme un pôle émergent, les habitants sont en première ligne du mouvement de contestation », écrit le quotidien du soir Le Monde. Le Figaro n’a pas raté le coche pour braquer la lumière sur la grandeur de la protestation dans la capitale des Bibans. «C’est dans cette ville qu’un groupe de jeunes a manifesté dès le 13 février, avant les premiers vendredis de mobilisation nationale, en lançant des slogans hostiles à l’éventualité d’un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika », lit-on dans le plus ancien quotidien de la presse française, en poursuivant : «La liberté. C’est d’abord dans nos cœurs…». Sur les marches du Bordj El Mokrani (actuellement le musée El Mokrani), fort emblématique de la ville de Bordj Bou Arreridj, de jeunes écoliers répètent les paroles du chanteur Soolking «Liberté », l’un des hymnes du Hirak, brise le calme du début d’un après-midi, sous une chaleur qui écrase déjà cette ville de l’Est, située entre la Kabylie et les Hauts-Plateaux. A 230 kilomètres d’Alger, Bordj Bou Arréridj ou « la capitale du Hirak », comme elle est surnommée par certains manifestants, joue un rôle prépondérant depuis le début des protestations », lit-on encore dans Le Figaro. Un clin d’œil qui enchante les citoyens qui, pour autant, restent lucides à toute tentative de conspiration et d’ingérence pour semer le trouble et la pagaille. Des citoyens fiers de voir le mouvement national pacifique et peut-être un modèle à suivre, conscients que la contestation est ancrée dans la mémoire collective du peuple algérien, aspirant à un avenir meilleur. Un peuple majeur, vacciné et mature, laisse-t-on entendre. M. A.