Une foule immense devant un guichet jouxtant la poste a attiré notre attention. Nous nous sommes rapprochés pour en savoir un peu plus sur une telle bousculade sous un soleil de plomb. « Depuis six heures que je suis ici et je ne sais à quelle heure arrivera mon tour et peut-être je rentrerai bredouille. Il y a ceux qui sont là depuis 4h du matin pour toucher le maigre pécule de 3 000 DA », nous dit avec amertume un citoyen. D’interminables files d’attente d’hommes et de femmes, parfois avec enfants en bas âges, attendent ce semblant d’aide. « Que représente la somme de 3 000 dinars par rapport aux milliards détournés ? Des miettes pour maquiller, bien sûr, leurs crimes commis contre le peuple », s’indigne un autre. Un peu plus loin, un quinquagénaire en sueur, renvoyé faute de carte de bénéficiaire, laisse éclater sa colère devant les badauds. « Qu’ils aillent tous en enfer ces gourmands, sans foi ni loi, qui ne manquent même pas de détourner la maigre pension des pauvres malheureux. » On nous explique que cette personne est venue réclamer la prime de son frère malade, handicapé à 100%. Sauf que le dossier n’a été déposé que depuis cinq jours et pourtant elle veut toucher maintenant et sans attendre la prime. Alors qu’avant d’avoir accès à cette prime, il y a un dossier à fournir à l’administration et un contrôle scrupuleux d’une commission chargée d’étudier les dossiers demandeurs, explique-t-on.