Classées par l’OMS au 4e rang des pathologies répandues à travers le monde, après les maladies cardiovasculaires, les cancers et le sida, les maladies carieuses touchent entre 60 et 90% de la population mondiale développée et moins développée confondues. Pour y remédier un tant soit peu au niveau de la wilaya de Bordj, la DSP a organisé deux journées de formation, les 6 et 7 mai, sous le slogan « la médecine dentaire à la croisée de l’évolution scientifique », animées par d’éminents professeurs du CHU Mustapha-Pacha et de l’hôpital militaire d’Aïn Naâdja, axées sur les maladies carieuses, notamment, chez l’enfant.

Une opportunité pour les chirurgiens-dentistes locaux, exerçant dans le public et le privé, d’apprendre les nouvelles techniques pour mieux prendre en charge leurs patients. Les intervenants ont tous focalisé sur la prévention qui reste le meilleur moyen pour éviter le coût exorbitant des soins et garder une meilleure hygiène buccodentaire. Lors de son intervention, le professeur Mehdid a préconisé l’introduction du fluor dans la prophylaxie des maladies carieuses, qui touchent « potentiellement, les populations défavorisées ». « Du coup, il faut les diagnostiquer précocement pour faciliter la prise en charge. » Toutefois, le professeur Mehdid impute la carie de l’émail à la baisse du PH après chaque repas. « D’où la nécessité d’éviter le grignotage pour permettre la levée du PH et la diminution de l’acidité dans le milieu où baignent les dents », explique-t-elle. «Notre présence ici consiste à mettre à la disposition de nos confrères et consoeurs les nouvelles techniques pour appréhender les maladies carieuses, qui peuvent être facilement traitées et éradiquées avec la mise en place des moyens de prévention, qui ne sont pas coûteux et qui peuvent donner des résultats extraordinaires ». Par ailleurs, de nouvelles techniques ont été mises au point depuis belle lurette et qui sont, ostensiblement, ignorées par grand monde parmi la corporation. Entre autres, la fibre optique transillumination (Foti). Sur le sujet, le professeur Boucharbel nous dira : «C’est vrai, la Foti est une technique mise au point depuis une dizaine d’années. Elle vise à diagnostiquer une éventuelle lésion carieuse. Donc, il ne s’agit point d’apporter des techniques du début du siècle dernier, il s’agit d’apporter un petit plus à nos confrères, ne serait-ce qu’en théorie en termes de nouveautés, pour les mettre au diapason de la médecine dentaire avancée à travers le monde, et pour ceux qui ont les moyens, ils n’ont qu’à les acquérir ». Mais qu’en est-il de l’hygiène buccodentaire en milieu scolaire ? « A l’instar des autres domaines, le progrès touche également la médecine dentaire. A ce titre, nous nous attelons à l’application d’un programme national de prévention des maladies buccodentaires en milieu scolaire. Etant donné que la bouche est l’accès de plusieurs maladies, cardiovasculaires, du rhumatisme articulaire aigu (RAA) et particulièrement la carie.  Donc, nous focalisons sur les unités de suivi pour mener à bien le programme national, en diagnostiquant à temps les pathologies buccodentaires chez l’enfant en milieu scolaire pour mieux les soigner», nous répondra le Dr Azoug, président du Conseil national de la médecine dentaire. Dans le même sillage, le docteur Izem, chirurgien-dentiste libéral, nous dira : « J’apprécie beaucoup ce genre de formation, surtout pour quelqu’un comme moi qui exerce depuis plus de trente ans avec un matériel un peu obsolète. » Et avec une touche d’humour, le professeur Boucherbel répond aux questions des dentistes présents en leur recommandant d’adopter une approche psychologique, particulièrement chez l’enfant, avant tout acte ou consultation dentaires.