L’annonce de l’arrivée d’une vague de froid aura suffi pour enclencher le réflexe cupide chez les spéculateurs de la mercuriale, qui se frottent déjà les mains.

Aux conditions météorologiques s’ajoute la diminution des importations des produits exotiques, voilà qui contraint les petites bourses à casser la tirelire pour s’approvisionner du strict minimum. Notre virée dans les marchés de fruits et légumes nous a permis de mesurer la fièvre des prix qui se fait nettement sentir. Les citoyens que nous avons rencontrés se sont contentés de scruter les prix sur les étals avant de rentrer bredouilles. Des prix qui doublent du jour au lendemain, à l’instar de la pomme de terre qui a vu son prix grimper de 40 à 75 DA, l’oignon à 60 DA au lieu de 40, la tomate à 160 au de 80 dinars ou encore la laitue, qui s’écoule à 120 DA, soit le double qu’il y a quelques jours. « Encore faut-il se frayer un chemin dans les champs marécageux pour la cueillir, la transporter et la distribuer aux détaillants », nous dit un marchand de légumes. Idem pour les prix des fruits exotiques qui ont particulièrement flambé ces derniers temps avec la régression des importations.
Même les prix de l’orange, produit local de saison, oscillent entre 160 et 220 dinars/kg, ou des dattes, produit également local par excellence, qui dépassent parfois les 1 000 DA. Les prix des viandes, eux, sont tellement exorbitants qu’ils paraissent stables. Tout compte fait, face à la cupidité des gourmands, sans foi ni loi, l’abstention demeure la meilleure manière de ramener les produits à leur juste prix.