Le retard accusé dans la réception de la double trémie à la sortie est de Bordj a donné du fil à retordre aux usagers de la route comme aux riverains. Ces derniers ne manquent pas de se lancer dans des commentaires ironiques vis-à-vis des travaux qui «s’éternisent» donnant naissance à des flaques d’eau et des nids-de-poule à tout bout de champ.

«Cela fait des mois que nous souffrons. En hiver, la route se transforme en immense patinoire et en été nous suffoquons avec la poussière. Mais à quand la réception de cette fameuse trémie, la désormais huitième merveille du monde ?» nous dit-on. La question, nous l’avons transmise à M. Ouadah, directeur des travaux publics qui nous dira : «D’abord, les entreprises chargées du projet ne sont pas payées depuis plusieurs mois et c’est lié à la conjoncture économique que tout le monde connaît. Ensuite, la nature géographique de l’emplacement de la double trémie n’a pas facilité la tâche, particulièrement dans l’installation du système d’assainissement pour capter toutes les eaux qui y convergent. Des précautions à prendre pour ne pas dégrader les autres réseaux souterrains, AEP, gaz, électricité, téléphone.» Le système d’assainissement a nécessité de grandes buses de 1,2 mètre de diamètre et parfois, selon notre interlocuteur, implantées à 10 ou 12 mètres de profondeur, suivant la ligne d’inclinaison du tracé pour pouvoir évacuer les eaux vers l’oued, à un kilomètre de là sur la route d’El Annasser. « En tout cas, les grandes difficultés sont bien derrière nous. L’infrastructure en béton est réalisée, les grands remblais aussi, le pavage des trottoirs est entre 35 et 40%. Il reste à faire la pose des socles et des lampadaires. Grosso modo, le taux d’avancement du projet est à 85% et l’infrastructure sera joliment ornée de jets d’eau avant d’être réceptionnée au deuxième trimestre de cette année », indique le DTP.
A noter que le projet, attribué au consortium Sapta et Rothem, pour un coût de 60 milliards de centimes, a été implanté à la sortie Est de la ville de Bordj, à l’intersection donnant sur le CW 42 et la RN 5. Un ouvrage d’art de 445 mètres de long, dont une partie de 100 mètres couverte, et large de 2×8 mètres avec un gabarit de 5,1 mètres. Quant à l’autopont, qui devait enjamber le rond-point jouxtant l’APC pour faire jonction avec la trémie du lycée Zerrouki, le projet a été gelé pour des raisons financières, précise notre interlocuteur.