Selon les services de l’ADE, agence de Bordj, les créances de cet organisme sont passées de 19 à 23 milliards de centimes. «Une situation difficile, au point où nous ne sommes même pas en mesure de renouveler certains indispensables articles bureautiques», nous indique-t-on.

Pour remédier à cette situation, l’Algérienne des eaux a lancé, depuis octobre dernier, une campagne de recouvrement visant les récalcitrants «qui s’entêtent à ne pas payer la note, qui, parfois, s’élève à 5 millions de centimes».
Par ailleurs, 32 cas de branchement illicite ont également été signalés par les services du contentieux de l’ADE, ainsi que 38 autres de non-paiement, dont 4 relevant des institutions étatiques, portés en justice, générant un manque à gagner de 700 millions de centimes, poursuit-on. «Bien que nous ayons mis à la disposition des citoyens différents modes de paiement, le paiement en espèces auprès de nos agences, à la poste ou en mode d’e-paiement, mais nos clients refusent toujours d’obtempérer. Et dans ce cas, il n’y a que la justice comme dernier recours pour trancher», nous dit-on encore. A noter que le manque de pluie qui sévit a engendré l’assèchement de plusieurs forages et la chute de débit pour d’autres, tels que les deux principaux forages de Ras El Oued, les 5 d’El Hamadia et la source de Lachbour, qui alimentait certains quartiers de Bordj, et qui a vu chuter son débit de 1 000 m3/jour à 200 m3. Aux créances, aux raccordements illicites et à la sécheresse s’ajoute le phénomène des déperditions dues au vieillissement du réseau d’adduction qui remonte à l’ère coloniale. A ce propos, l’ADE, en coopération avec une entreprise française, a réalisé une étude pour rénover l’ensemble des canalisations de la ville de Bordj. Mais faute de moyens, vu la conjoncture économique, le projet a dû être interrompu à hauteur de 35%. Et malgré ces indices, l’ADE rassure ses clients que l’approvisionnement en eau potable se poursuit au rythme d’un jour sur deux et parfois au quotidien pour certains quartiers de Bordj.