Pour commémorer la Journée nationale du chahid, l’association sociale Thafath (lumière) a concocté un programme riche en braquant particulièrement la lumière sur la bataille d’El Djamaâ Amokrane, surplombant le village d’Azrou dans la commune de Colla. Une bataille menée par Abdelkader El Bariki, à la tête d’un groupe d’hommes déterminés à en découdre avec le colonialisme. Face à un public d’élèves des trois paliers, dans l’amphi du
lycée Mohand-Ameziane-Chekal, Ahcène Ayadi, fils de chahid et ancien enseignant, a étayé son exposé en traitant des principales étapes de la guerre de Libération dans la région qui a payé un lourd tribut, mille chahids au total. Avant de céder le micro à un moudjahid de la première heure, en l’occurrence Rabah Houiri, qui a retracé minutieusement les moindres détails de cette bataille, dont il était acteur, qui a eu lieu un certain 22 février 1958, entre ses compagnons d’armes et des ennemis armés jusqu’aux dents, sur le mont rocheux d’El Djamaâ Amokrane. Et malgré son âge, plus de 90 ans, le moudjahid garde toujours une mémoire intacte. «L’accrochage s’est soldé par de lourdes pertes dans les rangs de l’ennemi, en dressant un guet-apens à Tirzazine, et au passage des soldats, une centaine environ, il n’en restait que quelques-uns, avant d’abattre un bombardier qui a chuté dans les ravins d’Ighzar Oudjider, à quelques kilomètres de là, aux frontières avec la wilaya de Béjaïa », raconte-t-il. En concluant : « Après quoi, le commandement des forces coloniales change de tactique, vainement, pour resserrer l’étau sur les populations en procédant à parquer hommes, femmes et enfants dans des refuges dans les villages alentour, pour procéder sans encombre au pillage du village d’Azrou. Mais ce qui me ravit à cet instant, c’est le fait de voir les générations montantes s’intéresser à l’histoire de leur pays. »