«Des milliers de chouhada tombés au champ d’honneur en 132 ans d’occupation française n’ont toujours pas de sépulture érigée en leur mémoire, alors que c’est le moindre signe de reconnaissance envers eux», martèle l’historien Lahcène Zeghidi, lors d’une conférence donnée au musée El Moudjahid devant à un parterre de moudjahidine et d’étudiants.

Selon le conférencier, la France coloniale a, depuis sa présence en Algérie, adopté la terre brûlée en balayant tout sur son passage, à travers des massacres collectifs et des exécutions sommaires à l’encontre des populations sans défense. « Hammou Boutlellis, Abderrahmane Mira, Maurice Audin, Larbi Tebessi, Aïssat Idir… et bien d’autres figures emblématiques de la Révolution qui restent introuvables sont sans sépultures », poursuit-il. Dans son intervention, l’historien a retracé la glorieuse résistance du peuple algérien depuis 1830. D’abord par les révoltes des héros de la première heure du colonialisme, ensuite, par le mouvement nationaliste et finissant par la guerre de Libération nationale qui s’est soldée par l’Indépendance. M. Zeghidi n’a pas omis d’évoquer sans citer de sources «les centaines de crânes et de squelettes de chouhada transformées en produits chimiques sans le moindre respect de la dignité humaine». « Nous exigeons la restitution des 36 crânes de nos valeureux héros, exposés au musée national d’histoire naturelle à Paris, pour que ces ossements puissent reposer éternellement en paix dans la terre qu’ils ont irriguée et défendue mordicus », rappelle Mohamed Abbad, président de l’association Machaâl Echahid et initiateur de la rencontre.