Comme chaque vendredi, les accros au septième art convergent au Cinéclub pour assister à la projection d’un documentaire ou d’un film et en débattre.

Tout le mois de février sera consacré au réalisateur britannique américanisé Alfred Hitchcock avec au programme les Oiseaux, Rebecca, Psychose et Fenêtre sur cour. Vendredi dernier, le choix est tombé sur The 39 Steps (les 39 marches), un long métrage en noir et blanc sorti en 1935 d’une durée de 81 minutes. Un film d’espionnage qui vient après le grand krach boursier de 1929 comme pour préparer les gens à la Seconde Guerre mondiale avec des scènes de suspense, retournements de situations et tous les ingrédients qui caractérisent le style d’Hitchcock. A Londres, Robert Donat, dans le rôle du Canadien Richard Hannay, rencontre lors d’un spectacle de music-hall une jeune femme (Madeleine Caroll) qui se prétend poursuivie. Il accepte de la cacher chez lui, on finit par l’assassiner. Ne voyant se profiler à l’horizon aucune chance d’échapper aux soupçons, il décide de s’impliquer dans une intrigue d’espionnage. Encore là, il ne dispose que de deux indices, « les 39 marches » et le nom d’un lieu en Ecosse…
« Le héros est un homme, pas un Christ » et cet homme ne connaît que la femme qui le sauvera. Chez Hitchcock, « ce sont toujours les femmes qui sauvent », écrivait Noel Simsolo, dans Hitchcock, cinéma d’aujourd’hui, 1969.
Sans se passer de l’humour macabre dans ses œuvres, Alfred Hitchcock, pendant le premier jour de tournage de la scène de Robert et Madeleine menottés dans les 39 marches, s’est éclipsé en prétendant avoir perdu ses clés. Et il ne reviendra les délivrer qu’en fin d’après-midi. Près d’une heure et demie de projection après, le débat a été ouvert et enrichi par docteur Farès Djamel et Khaled Traikia, deux inconditionnels du cinéma et fins connaisseurs de l’âge d’or des géants du grand écran, dont Alfred Hitchcock, qu’écrivait de lui New York Times, en 1935 : «Maître des sensations fortes et du suspense, de l’humour incongru et de l’horreur à froid, Hitchcock se sert de sa caméra comme un peintre de son pinceau, stylisant son histoire et lui apportant des nuances que le scénariste aurait difficilement soupçonnées. »