Après 16 heures de privation, la rupture du jeûne est parfois brutale chez certains sujets. Excès de plats sucrés, salés et gras. Des ingrédients largement suffisants pour donner un coup de fouet dans l’organisme et finir son point de chute aux urgences. Pour tenter de comprendre, nous avons questionnée Dr Djaidjaâ, néphrologue à l’EPH Lakhdar-Bouzidi sur le sujet. «Nous tentons toujours de convaincre nos patients sur le mode alimentaire à adopter pendant le mois de Ramadhan. Sauf que certains n’en font qu’à leur tête en transgressant les règles préconisées par leurs médecins traitants qui les conseillent catégoriquement de ne pas jeûner », explique-t-il. Un mois de jeûne qui coïncide avec une période relativement chaude, ce qui risque donc d’aggraver la situation de certains malades. «En effet, ce que l’on craint pour nos patients c’est la durée du jeûne qui s’étale sur 16 heures, et les 8 heures restantes ne sont pas suffisantes pour compenser le manque d’eau dans les tissus, ce qui provoque une déshydratation et, par conséquent, l’aggravation d’une insuffisance rénale pré existante. De ce fait, nous préconisons aux malades, et comme aux sujets normaux, de boire au moins un litre et demi d’eau par jour», soutient-il. Et sur d’autres causes susceptibles d’altérer le bon fonctionnement des reins, il dira : « La règle est simple : il suffit de respecter un mode d’hygiène de vie en s’hydratant constamment et en éviter les fritures, les sucreries, le sel, le gras et surtout de réduire l’alimentation carnée », conclut-il. Un peu plus loin, aux urgences, un service qui grouille de monde 24 heures sur 24, pour atteindre le pic d’affluence juste après le ftor, à en croire Dr Bouchakour. Il accueille, devant nous dans son bureau, un enfant qui aurait échappé à la vigilance de ses parents, souffrant de brûlures. «Le ballet des arrivants aux urgences commence dès les premières minutes qui suivent la rupture du jeûne. Qui pour une gastrite, qui pour une hyperglycémie, ou une colopathie fonctionnelle enclenchée par le jeûne prolongé. Parfois, on hospitalise des diabétiques qui font un déséquilibre après un schéma à la salle d’observation. Sinon, nos malades subissent un traitement antalgique puis ils repartent ». Non-stop, ce service est chargé de prodiguer des soins des petits bobos aux grands brûlés et autres cas de traumatisme pour que le personnel se retrouve débordé. « Dans mon box, je reçois quotidiennement une cinquantaine de patients souffrant d’un peu de tout.
A noter qu’avant le ftor, nous accueillons beaucoup plus les accidentés de la route. Et après, le flux des arrivants, liés substantiellement aux accidents domestiques commence et parfois jusqu’à une heure
tardive de la nuit, la courbe d’affluence baisse au petit matin », conclut-elle.