Pendant que certains jeunes, notamment des étudiants, mènent un train de vie pour le moins sans soucis, en vivant aux crochets de leurs parents, d’autres moins gâtés tentent tant bien que mal d’adopter le système D en vue de se faire un peu d’argent de poche et d’aider leurs familles en enchaînant les petits jobs pendant l’été.

Pendant ce temps, les studieux parmi ces étudiants, notamment en médecine et médecine dentaire, préfèrent se dispatcher sur les polycliniques du chef-lieu de wilaya pour consolider leurs connaissances théoriques, avec leurs aînés médecins et chirurgiens-dentistes qui, selon certains de ces étudiants, n’épargnent aucun effort à aider les futurs cadres de santé à se familiariser avec les instruments et les malades. Par ailleurs, quelques autres jeunes que nous avons abordés ne manquent pas de volonté et de bon sens pour se faire une place parmi leur petite famille et dans la société. Pour Abdelhak, diplômé en chômage, « il n’y a pas de sot métier. Certes, je suis diplômé, mais l’occasion ne se présente pas pour moi pour entrer dans le monde du travail. Donc, en attendant, je ne reste pas les bras croisés, il faut que j’enchaîne les petits boulots liés au bâtiment, peinture, crépissage, installation électrique ». Brahim, étudiant à l’université d’El Annasser, forme un tandem avec son frère, diplômé de la formation professionnelle, pour faire des travaux de peinture chez des particuliers. D’autres jeunes optent à partir en vacances en travaillant comme animateurs dans des colonies de vacances. Ou encore, il y a quelque temps, une quinzaine d’étudiants en marketing à l’université de Sétif, sillonnaient les ruelles de Bordj en faisant du porte-à-porte pour écouler des produits détergents (100% algériens) fabriqués à Aïn Touta, en contrepartie d’une commission pouvant aller jusqu’à 2 000 DA/jour. La fabrique en question a plusieurs points de distribution à travers le pays, offrant ainsi une opportunité aux jeunes sans emploi, l’accès à un job plus ou moins rémunéré, suivant le rendement, et aux étudiants de mettre leur expérience théorique sur le terrain pratique, en sus d’une rémunération. « C’est compatible avec mes études, cela me permet d’acquérir une expérience avec toutes les catégories de citoyens dans l’art de communiquer pour mieux vanter les mérites d’un quelconque produit.

Et je m’en sors plutôt bien avec un pactole de 1 500 à 2 000 DA par jour », nous disait l’un de ces jeunes débrouillards. Des étudiants nomades, qui sillonnent la région de long en large à la recherche d’un travail, en s’adonnant pleinement à l’activité qu’ils exercent et surtout être autonomes.