Une simple étincelle aura suffi pour provoquer un gigantesque incendie, dévastant des dizaines d’hectares de végétation autour du village de Ferracha, dans la commune de Teniet Ennasr, 50 km au nord du chef-lieu de wilaya, pour donner un spectacle lunaire après 48 heures de lutte contre les flammes.

A sirènes hurlantes, un impressionnant dispositif de moyens des services de la Protection civile, des forêts et de la gendarmerie a été réquisitionné sans négliger l’appréciable implication des citoyens avec les moyens de bord. Tous à l’affut du moindre départ de feu. Pendant notre présence sur les lieux, samedi vers midi, le P/APC de Teniet Ennasr, Lakhdar Benmenni, a tenu à nous faire un état de la situation. « D’une simple étincelle provoquée par une moissonneuse batteuse garée dans un champ près d’Ighil Ali, dans la wilaya de Béjaïa, un foyer de feu est né jeudi après-midi et s’est propagé à une vitesse vertigineuse. Les flammes ont atteint le territoire de la wilaya de Bordj, pour donner le paysage de désolation que vous voyez. Pendant la nuit de jeudi, tous les moyens ont été mobilisés pour circonscrire les flammes et limité leur propagation. Le wali a personnellement fait le déplacement pour surveiller l’opération. Après avoir coupé le gaz, nous avons procédé à l’évacuation des habitants du village vers l’école Mouloud-Ferraoun à Theniet Ennasr.
Le lendemain, on les a ramenés chez eux. Et comme vous pouvez le constater, après 48 heures de lutte, on est venu à bout des flammes », a-t-il indiqué. Pendant ce temps, et sans crier gare, un léger foyer de feu mal éteint se propage sur le bas-côté de la RN 106, reliant Bordj à Béjaïa. Les pommes de pin en vol ont déplacé les flammes sur le haut côté de la route pour créer un embouteillage au milieu d’un épais nuage de fumée irrespirable parmi les dizaines de véhicules, ne sachant quelle est la meilleure direction à prendre pour échapper à la fournaise. La frayeur des incendies, qui ont ravagé un patrimoine de plusieurs décennies, peut-être, de siècles, d’entretien des oliveraies et des vergers, laisse place à la colère parmi les habitants. « Maintenant, je comprends pourquoi l’Algérie bouillonne de fond en comble. Tout simplement parce qu’on a confié la gestion du pays à des incompétents qui mettaient l’argent du peuple toujours là où il ne fallait pas. Au lieu, dans ce cas de figure, d’acquérir un canadair. Un moyen très pratique qui aurait limité les dégâts au minimum en un laps de temps, surtout dans des endroits pareils, difficilement accessibles aux quatre-roues », déplore un citoyen de Ferracha. n