Le transfert des eaux du barrage Tichihaf, dans la wilaya de Béjaïa, vers les 13 communes du nord des wilayas de Bordj et Sétif, est considéré parmi les plus importants au niveau national. Sauf que les travaux se sont, d’emblée

, heurtés à l’épineux problème des oppositions, brandi par les propriétaires terriens, empêchant ainsi le projet de voir le jour. Ce qui a donné, par conséquent, naissance à des vagues de protestations parmi les populations touchées par la pénurie d’eau potable. Pour tenter d’en finir avec le statu quo qui dure depuis 2011, date du lancement du projet, une rencontre a eu lieu avant-hier à la base vie, près du barrage, dans la commune de Bouhamza, réunissant le Secrétaire général du ministère des Ressources en eau, le P-DG de l’ADE, les walis et les responsables des wilayas de Bordj et Béjaïa (DRE, domaines, ADE…), le P/APC de la commune de Bouhamza (Béjaïa), ainsi que des citoyens des communes limitrophes, notamment El Maïn, dans la wilaya de Bordj et Bouhamza, dans la wilya de Béjaïa.

«Notre présence ici, avec une forte délégation, est un signe de bonne foi des pouvoirs publics pour en découdre avec le problème des expropriations qui a pénalisé des dizaines de milliers de citoyens pendant longtemps. Notre rôle consiste à répondre aux besoins de nos citoyens, où qu’ils soient.
C’est notre rôle principal», dira le représentant du ministère des Ressources en eau, au début de la rencontre, avant de passer la parole au P/APC de Bouhamza, ostensiblement satisfait. «Nous avons étayé toutes les revendications de nos citoyens aux responsables concernés de la wilaya de Béjaïa, en commençant par le wali, ici présent parmi nous. Ils étaient tous attentifs aux préoccupations, pourvu que cette rencontre soit fructueuse. Car les citoyens de notre commune ont du mal à admettre qu’ils soient approvisionnés un jour sur six, alors que le barrage est juste à côté. Toutefois, ils acceptent de faire des concessions, assorties d’indemnisations correctes, bien entendu, en contrepartie d’être raccordés au réseau d’AEP. Sinon, nos citoyens n’affichent aucune objection vis-à-vis d’un tel projet d’utilité publique», dira-t-il. Dans le même sens, le wali de Béjaïa enchaîne avec beaucoup d’enthousiasme : «C’est tout à fait légitime ce que revendiquent les habitants en termes d’eau potable. Et il est de notre devoir de répondre et de satisfaire leurs besoins en cette denrée, y compris ceux de la localité d’El Kalâa, dans la commune d’Ighil Ali (Béjaïa), à partir d’une station de pompage implantée à Djaâfra dans la wilaya de Bordj, grâce au système gravitaire. Je tiens à cette occasion à remercier nos citoyens qui ont fait preuve de compréhension». Le wali de Bordj, quant à lui, n’a pas caché sa satisfaction puisqu’il ne trouve pas mieux que ce deal, susceptible d’assurer l’alimentation d’une partie de sa population en eau potable. «Nous n’avons qu’à approuver une telle démarche.
Notre rôle de responsable est de veiller au bien-être du citoyen, dont l’accès à l’AEP, cette denrée que nous voulons qu’elle soit distribuée équitablement. Et pour cet effet, je ne ménage aucun effort pour mener le projet à terme et dans les délais avec la contribution des services de la DRE, ADE, Domaines», lance-t-il. La parole a, ensuite, été donnée aux citoyens. Entre autres, un citoyen de Tamokra (Béjaïa) qui juge que les indemnisations ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Un autre citoyen de Bouhamza (Béjaïa) saisit l’opportunité pour avancer l’absence de stade dans la région.
Le Secrétaire général du ministère des Ressources en eau répondra, en affirmant que les expropriés sont équitablement indemnisés, «sans distinction» et que les jeunes ont droit à un stade ou un endroit de distraction. Il a même incité les investisseurs à venir s’installer aux environs du barrage pour créer des activités récréatives. «Nous Algériens, notre tare c’est l’absence de communication. Alors qu’il suffit juste de s’asseoir autour de la table et d’évoquer tout ce qui nous oppose pour tomber sur un compromis. A l’instar de l’épineux souci des oppositions qui est définitivement surmonté aujourd’hui» nous dit le représentant du ministère en marge de cette rencontre. En somme, les 65 000 habitants des huit communes concernées par le raccordement, attendent impatiemment de voir enfin l’eau couler dans leurs robinets. Il appartient donc à chaque partie de tenir ses engagements. Car, la moindre faille dans le compromis risque de remettre tous les compteurs à zéro.