Le bras de fer entre le P/APW et les 22 membres opposants de l’Assemblée, qui en compte 39, n’est pas près de connaître son épilogue, puisque la session ordinaire prévue mardi a encore été suspendue.

D’emblée, dès l’écoute de quelques versets du saint Coran et l’hymne national, des membres des groupes du RND et du FLN ont annoncé la couleur en manifestant leur mécontentement à la tenue de cette session, comme les précédentes, en mettant la pression sur le P/APW pour la restructuration des commissions. Celui-ci tente de calmer les esprits, déjà échauffés, en vain. La session tourne au débat byzantin avant d’être suspendue pour la quatrième fois consécutive. Un membre de l’APW prend la parole et fustige le président : « Jamais vous n’avez daigné me répondre au téléphone. Sachez une chose c’est que je ne travaille pas chez vous, mais je suis d’une famille révolutionnaire et ingénieur et je mets mon savoir au service des citoyens et de l’Algérie. » Un autre membre enchaîne en s’adressant à la presse : « Mais il est têtu, lui. Il ne veut rien comprendre. Il méprise tout le monde et il n’en fait qu’à sa tête. A maintes reprises nous avons demandé la restructuration des commissions, en vain. » Selon un communiqué élaboré par 21 membres opposants, « le P/APW a décliné la demande de la majorité à la tenue d’une session extraordinaire, conformément à l’article 15 du code de wilaya, ouvrant droit à la restructuration des commissions ». La version du P/APW va dans le sens de la « conspiration » et de « la mise en œuvre d’un agenda étranger ». « Je ne comprends pas pourquoi cette tempête a eu lieu maintenant, alors que l’Assemblée fonctionnait parfaitement depuis quatre ans. Je croyais avoir enterré définitivement la hache de guerre en me réconciliant après les troubles qui ont marqué la dernière session et qui nous ont entraînés devant le tribunal. Et comme un tonnerre dans un ciel bleu, le même scénario se répète aujourd’hui. D’ailleurs, la loi 12-07 du 21 février 2012 ne prévoit aucun droit à la restructuration », dira-t-il. Et selon un autre communiqué, signé par les 17 membres restants, ces derniers dénoncent le blocage persistant au sein de l’APW qui conduit, selon eux, au gel des projets de développement, faute d’adoption, et par conséquent, à la pénalisation des citoyens. A noter qu’à l’ordre du jour de la session suspendue du mois de juin dernier, l’adoption du budget de wilaya n’a pu avoir lieu faute de quorum. Du coup, le wali l’a fait passer avec l’aval du ministère de l’Intérieur. Le même scénario a été vécu avec la session de septembre 2016 pour refaire surface avant-hier avec la session de décembre, prévue pour débattre et adopter le budget 2017 et la présentation d’un exposé sur le secteur de l’agriculture..