La perception des droits et taxes et la lutte contre la contrebande sont deux axes sur lesquels s’articule la mission des services de l’inspection divisionnaire des douanes de Bordj, qui opèrent sur un champ d’action de 22 km2, s’étalant jusqu’à la wilaya de M’sila.

De la période du 1er janvier au 21 mai 2018, ces services ont effectué 557 déclarations douanières pour un montant de marchandises importées de 129 millions de dollars et 123 déclarations d’exportation pour un montant de 10 millions USD. « La wilaya de Bordj a lancé un défi économique en permettant aux 21 opérateurs économiques agréés et occasionnels d’exporter, rien qu’en 5 mois, l’équivalent de 10 millions de dollars, en grande partie des produits électroniques, vers la Tunisie et la Libye, contre 114 déclarations d’exportations pour un montant de 12 millions de dollars pour l’exercice de toute l’année 2017 », indique Noredine Benzadi, contrôleur général et chef d’inspection divisionnaire des douanes de Bordj. Le port sec de Tixter, affilié au port maritime de Béjaïa, est un atout de taille qui aurait amplement pu contribuer à la création d’une dynamique économique dans toute la région. Or, l’infrastructure tourne au ralenti. Quel grain de sable l’aurait empêchée de tourner à plein régime ?
« En effet, le port sec ne fonctionne, selon ses responsables, qu’à 2 ou 3% de ses capacités, pour la simple raison que les opérateurs craignent la lourdeur des procédures douanières. Maintenant que toutes les mesures incitatives sont mises à leur disposition, ils ont largement le temps de dédouaner leurs marchandises, qu’ils peuvent, d’ailleurs, stocker dans des entrepôts sans taxes. La douane et les opérateurs économiques sont liés par un contrat moral qui leur accorde des facilités, notamment, sur leurs marchandises qui ne subissent aucun contrôle, en plus, ils n’ont pas besoin de visa pour valider le chèque quand le montant dépasse 100 000 dinars », soutient notre interlocuteur. Toujours, selon un état arrêté au 21 mai 2018, une seule vente aux enchères a été organisée durant cette période, permettant d’engranger 25 millions de dinars, dont 3,18 millions de dinars de droits et taxes, dont une partie est versée au Fonds des collectivités locales, ainsi que 213 actions qui ont été menées par les brigades de l’inspection divisionnaire, dont 205 purement douanières, 8 contre la contrebande, menées conjointement par les services de la police, de la gendarmerie et le détachement de l’ANP, juridiquement habilités. Par ailleurs, 7 infractions ont été relevées sur des marchandises, pour un montant 4,7 millions de dinars, assorties d’une amende de 9,2 millions de dinars. Certes, l’administration douanière procède régulièrement à l’acquisition de moyens modernes, permettant de lui faciliter la mission, notamment, en matière de lutte contre la contrebande. Il est clair que la douane est au coeur des politiques constituant un outil incontournable dans le processus de prise de décisions quand il s’agit de protéger l’économie nationale. Mais il est judicieux d’offrir d’abord un cadre de travail adéquat. Dans ce cas de figure, le siège de l’inspection divisionnaire de Bordj s’avère exigu par rapport aux activités qui partent en flèche en couvrant deux wilayas, Bordj et M’sila.