Le pétrole a poursuivi sa progression, entamée lundi dernier, atteignant les 22,91 dollars, selon les données de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) publiées sur son site web. L’Opep rapporte en outre que le prix du panier de quatorze pétroles bruts (ORB), qui sert de référence à l’Opep, introduit en 2005, s’est établi à 22,91 dollars jeudi contre 22,40 dollars mercredi. Ce panier comprend le Sahara Blend (Algérie), Girassol (Angola), Djen (Congo), Oriente (Equateur), Zafiro (Guinée Equatoriale), Rabi light (Gabon), Iran Heavy (Iran), Basra Light (Irak), Kuwait Export ( Koweït), Es-Sider (Libye), Bonny Light (Nigeria), Arab Light (Arabie saoudite), Murban (Emirats arabes unis) et Mery (Venezuela). Cette même source indique par ailleurs que les prix de l’or noir ont terminé la séance de vendredi en hausse, portés par l’espoir de retour de la demande en énergie avec la multiplication des mesures d’assouplissement du confinement et les efforts de l’Opep et ses alliés avec l’entrée en vigueur de l’accord de baisse de production depuis une semaine.
Concernant le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet, il s’est clôturé en fin de semaine à Londres à 30,97 dollars soit une appréciation de 1,51 dollar, ou 5,1% par rapport au cours précédent. En clair, le Brent a affiché une hausse de 17% sur la semaine. Quant au «light sweet crude» (WTI), référence américaine du brut, il a grimpé à New York de 1,19 dollar, ou 5,1%, à 24,74 dollars le baril, prenant ainsi environ 25% sur la semaine.
Rappelons que des experts du marché pétrolier incombent cette hausse des cours de l‘or noir au fait que les 23 membres de l’Opep+ signataires de la déclaration de Coopération, ont entamé, le 1er mai dernier, après accord, une baisse de leur production pétrolière de 9,7 mb/j qui s’étalera sur une période de deux mois (mai et juin 2020). Les experts estiment par ailleurs que cette réduction de la production devrait ensuite se poursuivre, du 1er juillet à fin décembre 2020, mais avec une cadence inférieure, à savoir une baisse de 7,7mb/j. Il y a lieu de savoir que ledit accord prévoit que les pays concernés par la déclaration de coopération de l’Opep+, signée en 2016, continuent leurs efforts visant à équilibrer un marché fortement impacté par la pandémie de coronavirus. Ainsi, ils vont appliquer une réduction de leur production de l’ordre de 5,8 mb/j à compter du 1er janvier 2021 et jusqu’à la fin avril 2022. Cet accord sera valable jusqu’au 30 avril 2022, cependant, son extension sera réexaminée en décembre 2021.
Il y a également lieu de savoir que jeudi dernier, le ministre de l’Energie et président de la Conférence de l’Opep, Mohamed Arkab, a réaffirmé que le marché pétrolier retrouvera son équilibre au deuxième semestre de 2020, notamment à la faveur de la levée du confinement induit par la pandémie du nouveau coronavirus (Covid-19) dans de nombreux pays. Le ministre s’est dit «très optimiste» quant au rééquilibrage du marché pétrolier au deuxième semestre de 2020, estimant que le déconfinement progressif entamé dans certains pays en Asie, en Europe et bientôt en Amérique, s’accompagnera de la reprise de la demande. Non sans avancer : «Avec le déconfinement attendu, certains secteurs reprendront leur activité normale, ce qui aura un impact positif sur la demande.» Mohamed Arkab a également fait remarquer que «le marché mondial a connu des flux pétroliers importants entre mars et avril», mais, a-t-il dit, «la pandémie de Covid-19 a créé un grand déséquilibre entre l’offre et la demande». Au point où les cours du pétrole avaient atteint des niveaux très bas en avril affectés par une forte baisse de demande de l’or noir causée par le ralentissement de la cadence de l’activité économique, dans le cadre des mesures prises par les pays à travers le monde pour endiguer la propagation du Covid-19, notamment l’arrêt des transports et autres activités consommatrices des produits pétroliers.
Pour l’heure, les observateurs soulignent régulièrement que le marché du pétrole ne pourra retourner à l’équilibre qu’avec une réelle reprise de la demande.<