L’Association de protection et d’orientation des consommateurs et de l’environnement (Apoce) a appelé, hier, dans une conférence de presse à Alger, à, non seulement, exiger, comme l’an dernier, des bons de transactions commerciales avant l’achat du mouton de l’aïd, mais à ce que cette opération soit obligatoire.

«Exiger également la copie de la carte d’identité du vendeur. C’est le seul moyen d’identification dans le cas où nous aurions encore des cas de putréfaction de viande de mouton après égorgement. Car jusqu’à présent, on ignore encore la cause principale du pourrissement de cette viande», souligne le président de l’Apoce, Mustapha Zebdi. L’association soupçonne, toutefois, que l’alimentation complémentaire de nature douteuse soit à l’origine de la putréfaction. «Juste après la fête de l’Aïd, on a mis en place un centre d’écoute pour accueillir les témoignages. D’après ces derniers justement, l’aliment complémentaire pourrait être mis en cause. On a prélevé des échantillons de cette alimentation ainsi que des viandes qui ont été remis aux services publics concernés pour les analyser», rapporte-t-il, déplorant qu’à ce jour, aucune donnée sur les résultats de ces analyses n’a été communiquée. Pis, l’Apoce estime qu’aucune enquête sérieuse sur le terrain n’a été effectuée. «La preuve, l’office de la météorologie n’a jamais été consulté ou sollicité alors qu’on impute la putréfaction à la hausse des températures. Et on a beau suivre le cheptel avant la fête de l’Aïd, aucun vétérinaire ne peut savoir ce que le mouton a ingurgité en l’absence d’analyses approfondies», assure-t-il. Outre les bons de transactions, elle recommande aux consommateurs d’acheter le mouton directement auprès des éleveurs ou bien au niveau des points de vente officiels. Il a conseillé, par ailleurs, à ceux qui élèvent seuls leurs moutons de ne pas leur donner de l’alimentation de volailles et d’éviter de leur donner également les aliments complémentaires durant le dernier mois avant la fête de l’Aïd et de ne les vacciner qu’en cas de nécessité absolue. Le premier responsable de l’Apoce a fait part, lors de cette conférence de presse, des résultats de la campagne de sensibilisation lancée sur les réseaux sociaux, pour limiter les risques de consommation de l’eau minérale en plastique exposée au soleil. «Grâce aux citoyens qui dénoncent, par des photos publiées sur les réseaux sociaux, le non-respect des normes de stockage et de transport de l’eau minérale en plastique, des commerçants et des producteurs commencent à changer d’attitude en protégeant mieux leurs marchandises contre les rayons du soleil», dit-il, recommandant, néanmoins, aux habitants du Sud et de l’intérieur du pays, d’éviter l’eau minérale. «L’eau est transportée sans protection du Nord au Sud sous des températures qui dépassent les 40°. Tant que ces habitants ne sont pas certains que l’eau a été transportée dans le respect des normes, il vaut mieux se contenter de l’eau de robinet. C’est moins risqué», souligne-t-il, appelant les producteurs à faire transporter leurs marchandises le soir au lieu du jour.

Attention à la margarine !
Dans un autre registre, l’Apoce a communiqué les résultats d’une analyse d’échantillons de sept marques locales de margarine, qui sont les plus consommées par les citoyens. «On a fait appel à un laboratoire étranger et il s’avère que quatre marques sur sept ne répondent pas aux normes. La margarine produite par ces marques comporte une grande quantité d’acide gras de transe, qui provoque de graves maladies», prévient Zebdi. Il explique que l’hydrogénisation des huiles végétales dégage cet acide qui cause le diabète, l’obésité, l’hypertension artérielle, augmente le mauvais cholestérol… Or, seulement trois marques, à savoir Sol, Mani et Fleurial, fabriquent de la margarine dont l’acide de transe est inférieur à 01%. «En Algérie, nous n’avons pas de norme qui détermine le taux de l’acide. Dans les pays développés en revanche, ils ont défini le taux à ne pas dépasser, à savoir 02%. Il faut savoir aussi que l’exposition de la margarine à la chaleur et même à la lumière transforme l’acide en un véritable poison !», conclut-il.