Toujours aussi facétieux, il avait fait le buzz sur les réseaux sociaux en prônant la distanciation sociale avec originalité le 13 avril dernier. Postant une photo de sa victoire écrasante en finale du 100 mètres des Jeux Olympiques de Pékin en 2008, Usain Bolt illustrait, à sa manière, l’un des principes fondamentaux répétés à l’infini pour éviter de propager l’épidémie de coronavirus. Mais malgré ce clin d’oeil malicieux, le Jamaïcain n’est plus aussi hors d’atteinte qu’il l’était voici 12 ans. En confinement dans son pays, il a accordé un entretien à nos confrères de L’Equipe dans lequel il adopte un ton plus grave, qu’on ne lui connaissait pas forcément.
Car à 33 ans, le temps de l’insouciance est révolu pour la légende du sprint. Depuis le début de la crise du coronavirus, Bolt a participé à des campagnes de sensibilisation, donné de l’argent, mais le message a du mal à passer auprès de ses compatriotes. L’humour, et donc ce fameux tweet posté pour célébrer Pâques, reste finalement son arme la plus efficace contre le virus. «C’est une idée qu’on a eue avec NJ (Nugent Walker, son ami d’enfance et plus proche collaborateur). On discutait de ce qu’on pourrait faire de différent, de comment ajouter quelque chose de plus personnel, pour marquer les gens sur cette question de la distanciation sociale. Donc on parlait athlé, courses… et on a pensé à ça et c’est devenu viral», note-t-il.

Pas de comeback
Dans cette période de crise sanitaire, où le monde du sport a été contraint à un arrêt forcé, le report des Jeux Olympiques n’a pas surpris le Jamaïcain qui conservera donc ses trois titres un an de plus. L’occasion de réfléchir à un éventuel comeback ? Hors de question, la page est tournée. «Comme on avait eu des discussions sur le fait de prolonger (après Rio 2016), ou de revenir pour Tokyo (il a pris sa retraite en 2017), je disais à NJ l’autre jour : ‘Regarde ! T’as vu ? Il aurait fallu que je prolonge encore un an de plus !’ À 34 ans… Pff ! Non, l’entraînement, tout ça, c’est définitivement fini pour moi.»
Mais Bolt le concède, pour ceux qui à son âge continuent, comme sa compatriote Shelly-Ann Fraser, ce report n’est pas une bonne nouvelle : «Arrivé à un certain âge, un an de plus, croyez-moi, ce n’est pas rien. Certains renonceront et certains ne pourront plus être au même niveau».