PAR NAZIM B.
Le secteur du transport maritime traverse une période de crise. L’actualité de l’Entreprise nationale de transport maritime de voyageurs (ENTMV- Algérie Ferries) est marquée par deux faits qui attestent d’une situation guère reluisante avec le blocage en Espagne du navire «Tariq Ibn Ziyad», qui a entraîné, comme conséquence le limogeage du Directeur général de l’entreprise, en poste à titre intérim depuis juin dernier, prolongeant ainsi l’ère de l’instabilité dans le groupe.
En effet, le changement a été annoncé avant-hier par le député Kada Nedjadi. Après la saisie du navire Tariq Ibn Ziyad par les autorités espagnoles pour non-respect des lois internationales pour la sécurité des passagers, les scandales se poursuivent», a écrit le parlementaire sur sa page facebook, indiquant que le Directeur général par intérim de l’ENTMV Saïd Mohellebi a été démis de ses fonctions et remplacé par Ouahid Lakehal Ayat.
Selon le président de la commission des transports de l’Assemblée populaire nationale (APN), le «Tariq Ibn Ziyad» est bloqué à cause d’un «manquement aux règles d’hygiène» dans le port espagnol. Il s’agit manifestement d’une nouvelle séquence qui marque le malaise que vit le groupe au moment où le chef de l’Etat avait évoqué la situation du secteur, dimanche dernier, en Conseil des ministres. Le président Tebboune a pointé d’un doigt accusateur le «laisser-aller» et ce qu’il a considéré comme des «tentatives de sabotage» au sein de l’entreprise de transport maritime. D’ailleurs, le communiqué qui a sanctionné la réunion du Conseil des ministres a indiqué que le président Tebboune a instruit le ministre des Transports «d’élaborer un rapport exhaustif et détaillé sur l’état du secteur, en définissant les responsabilités», tout en ordonnant de renouveler la flotte de transport maritime «à travers l’acquisition de nouveaux navires». Signe de malaise, il ne s’agit pas de la première turbulence dans la vie de l’entreprise. Le chef de l’Etat est monté au créneau en montrant plusieurs défaillances dans la gestion. En juin dernier, il a limogé le PDG et des cadres d’Algérie Ferries, après les scandales des navettes effectuées presque à vide entre l’Algérie et la France au moment où les membres de la communauté nationale établie à l’étranger se bousculaient devant les agences de la compagnie pour obtenir une réservation.
Des scènes de bousculades fortement diffusées sur les réseaux sociaux et qui ont nécessité parfois l’intervention des services de sécurité français, ce qui a été vu comme une atteinte à l’image de l’Algérie. L’enquête judiciaire a abouti à la conclusion selon laquelle il s’agit d’un «acte délibéré» au sein de la haute hiérarchie de l’entreprise dont certains responsables ont été par la suite emprisonnés.
En novembre 2021, trois navires, le «Tamanrasset», le «Saoura» et le «Timgad», étaient simultanément bloqués dans les ports de Marseille, Brest (France) et Anvers (Belgique).
D’autres navires comme «Stidia», «Tinzirène», «Kherrata», «Constantine» avaient subi le même sort dans les ports du Vieux continent, rappelle-t-on. Pour ce qui est des raisons des saisies, on déplore à chaque fois diverses raisons entre non-paiement des redevances, dus des travailleurs non versés, manquement aux règles de sécurité, dégâts occasionnés sur les quais… <