Près de 6 000 espèces animales protégées ont été saisies à travers le pays par la Direction générale des forêts (DGF) en 2017 dans le cadre de la lutte contre le braconnage et le commerce illicite d’animaux sauvages, a-t-on appris mardi à Blida de la sous-directrice de la protection des richesses animalières auprès de cette direction, Wahida Boussekine.

«Le chardonneret, le singe magot et la gazelle représentent une part léonine de ces espèces protégées ayant fait l’objet de saisies », a indiqué à l’APS Mme Boussekine en marge d’un atelier régional sur le braconnage et le commerce illicite des animaux sauvages, ouvert à Blida, par le commandant régional de la Gendarmerie nationale de la wilaya, le général Arar Abderrahmane et le Directeur général des forêts Azzeddine Sekrane.
L’hyène, «vendue à des sommes astronomiques», au même titre que le perroquet gris, introduit via le sud de l’Algérie, à partir du marché européen, font également partie des espèces braconnées, selon la responsable, qui a mis en garde contre le «risque sanitaire représenté par cet oiseau pour la santé humaine ». En 2017, les unités de la Gendarmerie nationale ont traité 17 352 affaires liées à l’environnement à l’échelle nationale, dont 162 affaires relatives au commerce illicite d’animaux protégés, ayant donné lieu à l’arrestation de 63 personnes, outre 80 autres affaires liées au braconnage ayant abouti à l’arrestation de 85 personnes, toutes présentées devant la justice, selon les données fournies, à l’occasion, par le commandant Abdelhamid Ghiboub, spécialiste en environnement auprès du commandement général de la Gendarmerie nationale.
Un taux de 49% de ces affaires se situe dans l’ouest du pays, région dans laquelle le phénomène est en pleine expansion, suivi à un degré moindre par le centre du pays, puis l’Est et le Sud, a ajouté le commandant Ghiboub, signalant un « trafic à grande échelle du chardonneret sur les frontières algéro-marocaines ».
Le commandant Abdelhamid Ghiboub a également fait état de « l’implication de ressortissants étrangers dans ces affaires, notamment des Emiratis qui, avec la complicité d’Algériens, utilisent des faucons pour chasser des animaux protégés».
Le commerce des animaux protégés est classé au 4e rang mondial après le trafic d’armes, des drogues et des pièces archéologiques, en termes de revenus notamment, a signalé Mme Boussekine dans sa communication intitulée «Cadre législatif pour la protection des animaux sauvages en Algérie », expliquant, par là, la prolifération du phénomène en dépit des mesures répressives contenues dans la législation algérienne. La loi prescrit une peine de 1 à 3 ans de prison ferme assortie d’une amende de 200 000 à 500 000 DA dans pareils cas.
Une série de communications thématiques est au programme de cette manifestation de deux jours, organisée par le commandement régional de la Gendarmerie nationale. Il s’agit du 5e atelier du genre après ceux tenus à Oran, Béchar, Ouargla et Tamanrasset, dans l’attente de l’organisation prochaine du 6e et dernier atelier à Constantine.
(APS)